Sans grands noms à l'affiche, le Pukkelop a vécu une intense journée d'ouverture

Quelques clichés des premiers concerts
© Eric Guidicelli

KIEWIT Si la première des trois journées du festival Pukkelpop ne proposait pas de grands noms à l'affiche, elle a toutefois offert de subtiles et intenses émotions pour les quelque 35.000 jeunes spectateurs présents sur le site limbourgeois de Kiewit, dans la banlieue d'Hasselt.
Répartis sur pas moins de huit scènes, les groupes, artistes et dj's se sont succédé à une cadence folle,sans toutefois empêcher cette joyeuse et colorée assistance de vaquer à d'autres actvités: la sieste pour les uns, la bronzette pour les autres, la drague pour beaucoup et l'approvisonnement aux stands de boissons et de nourritures pour tous...

Eels, en exclusivité

Sur le podium principal en plein air, c'est sans conteste le combo hip-hop Xzibit qui a suscité le plus d'enthousiasme jeudi soir. Le rap de cet imposant black américain n'a pourtant rien d'original. C'est plutôt dans son attitude, 100% positive, dans sa volonté de s'éloigner de tous les clichés du genre (Fuck, bitch, guns, on en passe et des plus lourdes) et dans le rythme soutenu de sa prestation que ce protégé d'Eminem (dont il a assuré la première partie à Forest National) séduit et captive.
L'originalité n'est pas non plus le fort des Américains Papa Roach qui se produisaient en tête d'affiche. Adulée par les ados, cette formation pratique un néo-metal lourd, énergique mais, force est de le reconnaître, efficace sur scène.
Au bout d'un quart d'heure de ce déluge sonore, on se pose cependant des questions quant à la capacité de Papa Roach de se renouveler et d'arpenter des sentiers non battus avec leurs riffs plombés mais peu inspirés et leur rythmique sans nuance. Dans le genre, on leur préfère Korn et Limp Bizkit.
Présenté par les organisateurs comme la grande sensation de cette édition, Staind a présenté un set varié, entre ballades torturées exécutées à la guitare acoustique et envolées grungy. Pas mal, pas mal... mais de là à être la prochaine merveille du rock américain, il y a un pas que nous ne franchirons pas.
Toujours sur le main stage, les dingos de Queens Of The Stone Age ont à nouveau cassé la baraque. Déjà présents l'année dernière et également à l'affiche de Rock Werchter début juillet, le groupe américain a eu le mérite de présenter un set différent, truffé d'inédits et d'une reprise de Led Zeppelin. Et on ne pourra bien sûr ne pas passer sous silence (et sans photo!) le fait que le bassiste Nick Olivieri a joué du début à la fin dans la tenue d'Adam. Eh bien oui, il faisait très chaud dans la plaine limbourgeoise!
Autre moment fort de cette première journée, la venue de Eels au Marquee. Emmené par le chanteur E qui a adopté le look du parfait ermite (cheveux gras heureusement cachés par une capuche, barbe et mine patibulaire), Eels a dévoilé quelques morceaux de son quatrième album Soul jacker à paraître à la rentrée. Visiblement très fatigués, nos lascars ont surpris par des versions de leurs morceaux bien plus dures que celles qu'on peut écouter sur leurs disques et par une mise en scène brouillone. Il n'empêche, malgré ces nouvelles options, la magie et la beauté des compositions de E émergent toujours. Nous reviendrons sur Soul Jacker lors de sa sortie le 10 septembre. Côté électronique, la fête a aussi battu son plein au dance-hall pour des performances live et au Boiler Room, chapiteau transformé en sauna où se produisaient des dj's non stop de 16 h à 2 heures du mat'.
Ce vendredi, la programmation était encore plus alléchante avec notamment Placebo, Orbital, Live en groupe surprise, Rocket From the Crypt, les Belges de Uman et de Starflam et une soirée électro prometteuse avec les Australiens The Avalanches, les Ecossais Slam et le Belge Buscemi. Compte-rendu dans nos éditions de dimanche.