"Dour, c'est un grand souk".  La comparaison, signée Jacques de Pierpont alias Pompon, n’a jamais été aussi éloquente. Le festival de Dour n’a pas seulement emprunté à ces marchés du monde arabe le côté désordonné. Depuis ce jeudi, et jusqu’à un orage auquel n’échapperont sans doute pas les dizaines de milliers de festivaliers (près de 30.000 campeurs, plus les autres !), le rendez-vous dourois a aussi hérité du côté suffoquant qui accompagne les souks du Maghreb. Bref, les chapiteaux ne furent pas les lieux les plus confortables.

Bertrand Cantat, lui, n’a pas souffert de la chaleur. Programmé à 21h sur la Last Arena, l’ancien leader de Noir Désir (qui n’a proposé aucune interview) a présenté au grand public son nouveau projet, Détroit, ficelé avec Pascal Humbert. Dans un style qui n’est pas sans rappeler celui de Noir Désir, avec notamment quelques reprises, Cantat n’a pas déçu un public tout heureux de voir le mercure baisser quelque peu avant que Bonobo et Mac Miller, qui ont bouclé le programme sur la scène principale, ne le fassent remonter d’un cran.

Alors qu’elle n’en est qu’à ses prémices, cette 26e édition est déjà une réussite. “Dour, c’est magique. Et presque irrationnel” , souffle Jacques de Pierpont, la voix du rock, qui présente les artistes à se produire à Mons depuis le seconde édition du festival. Il est mieux placé que quiconque pour évoquer la recette douroise. “En général, un festival qui démarre de façon libertaire devient, quand il grandit, presque militaire comme Werchter ou le Pukkelpop. Ici, les choses s’organisent mais cela garde un côté joyeux bordel bien auto-géré. Même en pleine nuit, à l’heure où tout le monde est bourré, je n’ai jamais assisté à une bagarre. C’est pour cette raison que les jeunes Flamands en sont si friands.”

Et de souffler le nom de son premier coup de cœur : Tagada Jones. “Après 20 ans, ils gardent la même puissance de feu.” Et si c’est Dour qui avait des vertus galvanisantes ?