Matthieu Bioul était le premier artiste à adhérer au concept

BRUXELLES Matthieu Bioul n'est pas un débutant. Son premier album, Par la fenêtre, était sorti en 2004 chez SonyBMG et avait connu un joli petit succès. Le suivant, malheureusement, n'a pas eu la même chance. Pour le troisième, Matthieu compte sur la participation des internautes producteurs de Yakamusic. Et c'est bien parti : en un peu moins de deux mois, il est à la moitié du chemin. Il a récolté un peu plus de 25.000 euros et espère, à ce rythme, pouvoir entrer en studio en septembre.

C'est étrange de voir qu'un artiste, comme vous, qui a déjà de l'expérience, se tourne vers Yakamusic...

"En fait, non, parce que ça reste un métier difficile. Ce genre de site, je pense, est destiné aux gens qui n'ont pas encore le pouvoir, la reconnaissance, la chance d'être dans une maison de disques. Mais, aujourd'hui, on voit que même les grands noms se font virer de leur maison de disques. Il y a un gros souci de la part des majors : elles n'arrivent pas à s'adapter aux nouvelles technologies. Et, entre-temps, il y a des places à prendre. Yakamusic est une réelle valeur ajoutée, très moderne dans l'attitude. Au-delà de l'aspect financier, ce que je trouve assez génial, c'est que le mec qui investit 5, 10 euros, ça va l'exciter et il va en parler à ses copains, qui vont aller voir et investir peut-être à leur tour. Ça crée une espèce d'émulation. Après, pour l'artiste, ce qui est super, c'est qu'avant la sortie de l'album, il y a déjà une communauté qui se crée. Un public garanti pour la suite. C'est gagnant pour tout le monde."

Une fois que toutes les parts sont récoltées, comment ça se passe ?

"C'est la liberté totale de l'artiste. Personne n'impose rien. Ce n'est pas une maison de disques qui va dire c'est bien ce que tu fais mais maintenant fais-nous confiance. Yakamusic met une équipe artistique à disposition des artistes, lui fait rencontrer des gens. Certains, mais ce n'est pas vraiment mon cas, ne connaissent pas le monde des studios. Et puis, c'est une garantie aussi pour l'internaute que le mec qu'il a produit ne va pas aller dépenser son argent à Ibiza pour ses vacances. Il y a des comptes à rendre."

Vous étiez le premier artiste à relever le pari de Yakamusic. Pourquoi ?

"Un des fondateurs de Yakamusic a été mon producteur il y a quelques années, ça a aidé. Mais, surtout, je connais MyMajorCompany en France. Je sentais que c'était une alternative pour moi, désireux de produire un troisième disque."


www.yakamusic.com/matthieubioul