Comme beaucoup d'autres avant lui, c'est Forest National que Francis Cabrel avait choisi pour immortaliser sur DVD sa dernière tournée. 

C'est donc devant une salle briefée et chaude comme la braise que l'homme d'Astafortt a fait son entrée, sur le coup de 20.45. Décor tout en délicatesse et début piano voix. Cabrel joue les Crooner et ça lui va plutôt bien.

Mais puisqu'il faut faire monter la température pour séduire les caméras, il enchaîne Assis sur le rebord du monde qu'il revisite sur un tempo mi blues mi country.

Las! on ne refait pas ce grand romantique et, surtout, on ne refait pas ses fans qui piaffent de l'entendre chanter l'amour. Chose faite avec La fille qui m'accompagne. Sans doute pas la plus populaire mais qui fait toujours son petit effet sur les cœurs d'artichauts.

Pour accueillir ses choristes, ravissantes, le séducteur annonce "la part féminine de nous même". Changement de décor, la scène se transforme en cellule de prison, le temps de Mandela, pendant ce temps-là.

De temps, il en sera beaucoup question lors de ce concert. Le sujet titillerait-il le fringuant sexagénaire? Partis pour rester ne raconte pas autre chose. "On va viser l'éternité", chante-t-il. Il y a en quelques-unes dans la salle qui sont carrément pour.

À l'une ou l'autre occasion, Cabrel - ça n'arrive presque jamais - fausse un peu. C'est le cas sur Les gens absent. Sans doute le plus beau titre de l'album Des roses et des orties, subtilement habillé ici d'un violon et d'un accordéon. "Et voilà, c'était ma chanson la plus drôle de la soirée", rigole-t-il.

Histoire de ne pas s'ennuyer, C'est écrit est revisitée sur un rythme chaloupé. "Pour exercer ma nouvelle passion : l'expression corporelle".

Vous en voulez Encore et encore? Vous en aurez. Et pas des plus connues. Comme cette berceuse, Petite sirène, vielle de 25 ans déjà. Et puisqu'on en est à susurrer des mots très doux, enchaînons avec L'encre de tes yeux, ou Cabrel et ses trois drôles de dames se découpent sur fond bleu cobalt.

Apres ses choristes, ce sont des musiciens qui sont mis à l'honneur, tandis qu'il slalome entre les tubes. Le chêne liège, Inch'Allah qui résonne de manière bouleversante à l'heure du drame des réfugiés. Dans la foulée, l'inévitable Petite Marie en paraîtrait presque fade.

Tout aussi inévitables, Je t'aimais, je t'aime et je t'aimerai, La robe et l'échelle, La corrida. Moins prévisible, la très mélancolique Hors saison.

Les grosses cartouches, et les plus explosives, le coquin les a gardées pour la fin. Il dégaine sa Sarbacane et le public danse. Puis invite à faire avec lui Les tours gratuits, autre chanson encore qui évoque le temps qui passe, et les enfants qui grandissent.

Deux heures pile après être entré en scène, Cabrel convoque La dame Haute Savoie. Ou l'art de se quitter avec une bonne vielle chanson que l'on aura encore en tête de main au réveil. D'ailleurs, allez zou, c'est l'heure d'aller se coucher...