À 67 ans, Timothy s’est mis aussi à chanter… en coréen.

1975. Mike Brant et Frédéric François triomphent et font rêver les femmes.

Dans ce créneau-là, un chanteur verviétois, Timothy, distribué par Eddie Barclay, impose dans le Top 10 français un slow à la mélodie très à l’italienne, Mona Lisa.

Il faut bien en convenir : chez nous, Mona Lisa n’a pas eu de suite. Pourtant, à 67 ans, Timothy sort, dans un coffret luxueux, un double album. Dans le premier, il s’est fait plaisir en reprenant - avec orchestre symphonique ! - de grandes chansons du répertoire français. De Tombe la neige à Amsterdam. Il chante trois chansons de Brel interprétées avec sa voix de chanteur romantique. L’autre disque ne contient que des chansons nouvelles. La première s’intitule Les Portugais. La dernière est la même, mais… en portugais. Couleurs de fado. C’est très joli. Et cela explique un silence de plus de quarante ans : "Ma carrière, je l’ai faite au Portugal ! À l’époque, j’ai eu l’occasion d’aller y chanter. Le succès a été immédiat. Je m’y suis marié, je m’y suis installé et je dois tout à ce pays. J’y ai vendu six millions de disques. J’y ai rempli des stades : à Lisbonne, dans la même journée, deux représentations devant, chaque fois, 30.000 personnes. La grande star du pays, Amalia Rodrigues, m’a invité chez elle. Un jour, j’ai pris le même avion que le président emblématique du pays, Mario Soares : il a demandé à ses conseillers qui était ce jeune homme à qui tout le monde demandait des autographes. Puis il m’a invité à m’asseoir à côté de lui. C’était très impressionnant."

Tout le monde vous connaît au Portugal ?

"Le Portugal, c’est comme partout : si vous passez quinze ans à ne rien y faire, votre popularité diminue. J’ai arrêté la scène, là-bas, en 1990. Parce que je m’ennuyais en tournée. Les conditions étaient parfois difficiles. Je me souviens d’un spectacle devant 3.500 personnes où la scène était… une charrette à foin. Alors, j’ai raccroché. Je suis revenu en Belgique. Je me suis lancé dans les éditions musicales. J’ai composé des musiques pour des publicités et des films télé. Je fais de la peinture aussi. C’est une passion depuis toujours. Mona Lisa , ce n’était pas un titre par hasard. De temps en temps, j’ai sorti un album. Avec toujours le Portugal comme marché principal. Ce sera encore le cas avec ce double album."

Où vous ne chantez qu’une seule chanson en portugais…

"Parce que, là-bas, on me connaît comme chanteur d’expression française. Je parle bien sûr la langue couramment mais, malgré tout, j’ai un accent et il reste des mots que j’ai du mal à bien prononcer."

Vous chantez en coréen aussi…

"J’avais déjà sorti un coffret de chansons nouvelles il y a deux ans. Avec ma version de La Mer de Charles Trenet. Allez savoir pourquoi, elle a été terriblement téléchargée en Corée. Un éditeur coréen m’a demandé une chanson dans sa langue. J’ai sorti un CD à part avec une version coréenne des Portugais ."




Timothy Coffret double CD : "L’intranquille exil"