Ce fut un Bordel Magnifique !

Musique

Propos recueillis par Déborah Laurent

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Ce fut un Bordel Magnifique !
© SABLON
Cali fait le bilan de sa tournée phénoménale

BRUXELLES Son Bordel magnifique est dans les bacs depuis plusieurs semaines et il était logique que Cali pose des images sur cette fabuleuse tournée qui l'a entraîné aux quatre coins de la francophonie avec la même folie. Mais, et c'était évident connaissant le bonhomme, il n'a pas fait dans le classique : son DVD live est en fait un film musical, mélange de captations de concerts et de mises en scène. Un bel objet dont Cali est très fier, comme il nous l'a confié il y a peu.

La scène semble tellement vitale pour vous qu'on pourrait croire que les albums live sont plus importants que les albums studio...

"Ce n'est pas plus important, je suis juste plus à l'aise. J'assume totalement mes albums mais il y a une rigueur dans le studio qui fait que je rigole moins. Je réfléchis à ça maintenant : j'ai fait deux disques et le 3e, il faut que je trouve le moyen de m'amuser en l'enregistrant. Il ne faut pas être sérieux dans cette histoire-là. Moi, je suis sérieux en répétitions de concert, je suis très exigeant avec mes musiciens, mais après, sur scène, c'est n'importe quoi. Je leur dis : on s'amuse et si on se trompe, c'est pas grave. Je pense qu'en studio, il faut laisser la place à ça."

Et vous n'y arrivez pas pourquoi ?

"Pour le dernier album, par exemple, je me suis mis la pression tout seul. J'allais avoir un petit bébé et, à chaque coup de fil, je pensais qu'il arrivait. Et puis, j'ai tout porté sur mon dos : j'ai eu un souci de management à ce moment-là et j'ai dû gérer les musiciens, savoir qui, comment, gérer les ego des uns et des autres... J'étais plutôt triste, en fait. Et je n'ai plus envie de ça."

Votre DVD live est très différent de ce que les artistes proposent d'habitude. Comment est né ce projet ?

"Quand on m'a proposé de faire un DVD musical, je ne voulais pas filmer un de mes concerts pour dire aux gens : on le sort fin novembre; comme ça, vous pouvez l'acheter pour Noël et pour les cadeaux. Moi, je m'emmerde quand je regarde un concert à la télé. On n'a jamais la magie, le vrai frisson qui se passe quand un chanteur nous a plu : on sort avec des étoiles dans les yeux, on en a pour des mois... Les DVD, c'est comme embrasser la photo de la femme qu'on aime sans pouvoir la toucher : ce n'est pas bon. Je voulais bien le faire si c'était un vrai projet artistique. J'ai eu carte blanche. J'ai cherché des réalisateurs et j'ai trouvé Gaëtan Chataigner. On a décidé tous les deux de partir sur ce concept-là : un vrai film avec des images de live qui ne s'enchaînent pas spécialement logiquement mais avec appareil photo numérique, avec super-8, avec 16 mm, avec travelling pour le grand orchestre à Perpignan... Ça faisait images léchées, saturées, en noir et blanc, bordélique... et autour, une fiction. Pour moi, c'est réellement un film musical. Il est d'ailleurs demandé dans les festivals de films musicaux : je suis très fier. Ce qui est troublant, c'est que Gaëtan est vierge de mon histoire, il ne connaissait pas ce que je faisais, il a essayé de me découvrir à travers ce film et aujourd'hui, c'est ce qui me ressemble le plus dans tout ce que j'ai fait."

On vous voit tantôt à Perpignan entouré d'un orchestre symphonique, tantôt en configuration classique. Vous avez une préférence ?

"Tout me plaît. Il faut trouver l'émotion, l'énergie partout. J'ai souvent pleuré avant de monter sur scène, en entendant le public. En me disant : mais qu'est-ce que tu fous là, c'est génial et en même temps mais qu'est-ce que tu fous là, barre-toi en courant ! Tout ça se mêlait. J'ai parfois vomi sur scène : c'est très violent au niveau physique. Avec l'orchestre classique, c'était sur le fil, on n'avait presque pas répété. Le chef d'orchestre avait répété 17 de mes chansons et les avait habillées de robes de princesse, et moi j'étais là, avec ces 60 musiciens derrière, leurs instruments magnifiques et lui devant qui dirigeait. J'étais un petit garçon. T'es tout petit et faut pas faire le malin : je suis alors réservé, j'essaie de suivre l'histoire. C'était un grand moment."


Cali, Le Bordel Magnifique (CD)et La vie ne suffit pas (DVD), EMI.



© La Dernière Heure 2006

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