Entre Disiz et Black M au BSF, le duo toulousain Big Flo et Oli entre dans La cour des grands rappeurs.

Situé au cœur de la capitale, le BSF ouvrira sa scène principale ce mercredi avec une soirée spéciale hip-hop/rap avec son Urban Night (bsf.be). Laquelle ouvrira les festivités, avant Disiz et Black M, avec les jeunes phénomènes du moment : Big Flo et Oli à 18 h. Du haut de leurs 20 ans à peine (Florian en a 22 et Olivio 19), ils débarquent dans La cour des grands (titre de leur album qu’ils ont finalisé à New York et qu’ils ont intitulé de la sorte car "c’est un peu ouf ce qui nous arrive dans notre vie de petits frères toulousains"). Le duo annonce même qu’il va tenter un "rap de foule" à l’image de son passage de feu aux Ardentes ou aux Francos. Ça promet !

À l’instar de l’un de vos titres phares, Big Flo et Oli, "ce n’est pas du rap, c’est la musique !"

"Exactement. Il n’y a pas de frontières dans notre musique. Vu qu’on a baigné entre deux mondes avec un père qui chantait de la salsa et nous qui avons fait le Conservatoire (Ndlr : Oli a joué de la trompette, Flo de la batterie, du piano et… du triangle en orchestre !) et de longues années de solfège. Le rap, ce n’est pas vraiment de la musique qu’on nous disait là-bas. Et quand on est sur une scène rap, on nous dit O.K. mais vous venez du Conservatoire, donc vous n’êtes pas vraiment des rappeurs… Plutôt que d’en être complexés, on en joue. Notre musique, ce n’est pas du rap, c’est du Big Flo et Oli (sourires) !"

Et du big flow il y en a avec votre incroyable débit de paroles.

"Notre vitesse avec autant de mots ou syllabes en si peu de temps est une histoire d’écriture, pas de musculature labiale comme on pourrait le croire. Il faut choisir des consonnes qui rebondissent comme le d ou le b qui sont plus faciles, au contraire du r. Il faut toujours mettre un peu de flow pour divertir les gens."

Un flow pour un rap, aussi, en forme d’engagement ?

"On ne se considère pas comme rappeurs engagés mais on est engagés dans notre rap. On parle de sujet qui nous touche vu qu’on est des émotifs et des hyper-sensibles. On pose des questions, en abordant nos deux points pour ouvrir les débats. Car on rappe chacun ce qu’on écrit. On compose souvent par rapport à des thèmes, des discussions. Un rappeur qui n’écrit pas ses propres textes n’est pas un rappeur."

Un message caché derrière tout cela ?

"Oui, c’est une petite pique aux autres rappeurs pour leur dire que le rap positif et sincère est possible ! Il faut donner de la positivité aux jeunes, bougeons-nous. Même s’il faut de tout pour faire un rap, ramenons du positif pour ne pas faire la même chose. Assume-toi comme tu es car on peut kiffer ce qu’on fait tout en réfléchissant."

Comme ce sujet touchy de l’avortement avec le titre Le cordon ?

"On aimait ce dialogue entre l’idée de l’enfant pas abouti et la mère, la femme. Un peu choquant mais finalement on y est allé car on l’a fait valider par les femmes qui nous entourent comme notre mère, marraine ou tante pour pas être à côté de la plaque. On s’est fait dépasser par l’idée du morceau mais quand notre mère valide, c’est que c’est bon (sourires) !"

Le succès vous rattrape, comment garder la tête froide ?

"On est des éternels insatisfaits. Quand on passe une étape, on est déjà sur la suivante, on ne fête d’ailleurs pas grand-chose. On ne prend pas le temps de fêter les choses parce qu’on a envie d’en fêter d’autres, en fait, ce qui est complètement paradoxal. On arrêtera sur cette phrase tellement elle est bien dite (éclats de rire) !"