Son Plaisir partagé

Interview exclusive de Patricia Kaas dans la DH numérique

BRUXELLES C'était sans doute l'un des événements les plus attendus d'une certaine scène musicale. C'était son grand retour, après six longues années d'absence, entrecoupées seulement de concerts en duo avec Bertrand Burgalat qui lui avaient donné une folle envie de se remettre à créer. C'était vendredi soir, au Botanique, à Bruxelles, dans une salle de l'Orangerie qui affichait sold-out et qu'avait enchantée de ses mélodies délicates et de ses textes ciselés Albin de la Simone, magnifique première partie qui signe également les claviers sur l'album du dandy de la chanson française (et dont nous publierons l'interview dans nos prochaines éditions).

Chamfort, infiniment classe dans sa veste de cuir noire à la coupe impeccable, prend la Poses, dos au public, et nous rappelle, si c'était encore utile, que Toute la ville en parle. Sur un écran géant, défilent des images un peu floues, instantanés de notre drôle de monde. Dans la foulée et sans souffler, il s'offre Le grand retour, dans une version plus juste et plus séduisante (encore) que sur l'album. Quelques mots d'amour glissés à Bruxelles et à la Belgique («Cet album, Le plaisir, je l'ai appelé comme ça en pensant à vous») et la salle est conquise. Le Charmant petit monstre, qu'il fredonne les yeux fermés, L'hôtel des insomnies ou Les beaux yeux de Laure, graves et intenses, finissent de convaincre que Le plaisir est bien au rendez-vous.Suivront, dans le désordre, des incursions dans sa longue discographie, que Chamfort revisite avec malice, que ce soit à l'occasion d'un Rendez- vous au paradis, sur les traces d'un Petit bijou ou, en duo au synthé et à la voix avec Albin, en proposant une version épurée et touchante de Malaise en Malaisie.

Manifestement heureux de retrouver la scène, à la veille de son concert au Bataclan, Chamfort donne sans compter. D'autant qu'il sait bien que, dans la salle, certains sont aussi venus pour l'entendre reprendre quelques-uns de ses désormais classiques. Soucieux de ne décevoir personne, Manureva passera même par là...

© La Dernière Heure 2003