À 72 ans et après plus de 35 ans de carrière, Chantal Goya garde toujours son âme d’enfant.

"Je pense être intemporelle", constate Chantal Goya, expliquant ainsi pourquoi son univers est resté au goût du jour après autant d’années. On a su créer des chansons dont on souvient tout de suite comme Bécassine, Snoopy, Pandi Panda ou encore Le Chat botté. Sans oublier que tout cela a été créé à une époque où ça n’existait pas. On est en quelque sorte les pionniers de la comédie musicale pour enfants. Du coup, on est resté dans la mémoire collective et l’intérêt est maintenant de montrer aux enfants tout ce qui a fait rêver leurs parents."

Et pour cause, les nouvelles générations d’enfants découvrent la chanteuse d’hier (ses 5 spectacles, dont elle va remonter Le Soulier qui vole dans 2 ans, ont été créés entre les années 80 à 90) sur la technologie d’aujourd’hui. "Sur YouTube, souligne-t-elle. C’est donc incroyable de voir leurs réactions lors du spectacle en live." Alors qu’elle a vendu plus de 40 millions de disques, Chantal Goya est donc aujourd’hui "davantage connue par internet que par mes CD. Les enfants me demandent alors comment je suis sortie de la machine (sourires)."

Dans la pure tradition de ses spectacles vivants, la chanteuse française - née Chantal de Guerre, à Saigon, en Indochine - revient donc avec sa Planète Merveilleuse (rénovée par son metteur en scène de mari, Jean-Jacques Debout, et avec plus de 40 techniciens, 20 danseuses et 12 enfants) qu’elle avait déjà jouée en 1982. "Entre les toits de Paris, la luciole et l’île aux papillons, c’est comme un film intemporel et romantique ou un dessin animé magique, féerique et vivant."

Celle qui voue une véritable histoire d’amour avec la Belgique (sa grand-mère est née à Namur et se retrouve dans l’univers BD à la belge) a toujours voulu "être logique avec ce que je fais. Je ne vais pas la jouer sexy, à part pour faire rire, car ça n’irait pas avec mes personnages du lapin, Popeye, Babar et j’en passe."

Son secret après 35 ans de carrière ? "Ne pas être à la mode. Et ne pas l’être, c’est d’être à contre-courant. Je chantais Adieu les jolis foulards à l’époque d’ Alexandrie Alexandra , je n’étais donc pas dans le disco…" Pareil côté look. "Mes style, robe, coiffure ont toujours été personnels et non formatés vu qu’on s’est toujours produits nous-mêmes comme personne ne croyait en nous. Bref, tout est naturel, je suis comme je suis. Je refuse d’ailleurs de passer sur le billard, sinon je n’aurais plus mes expressions."

Avec des envies d’expositions ("j’ai quand même plus de 200 costumes, personnages, tableaux et musiques"), de cinéma (adaptation de Marie-Rose) et d’un parc d’attractions à la Disney ("On a tout l’univers qu’il faut mais il manque l’argent"), Chantal a un mental phénoménal. "Tant que j’ai la santé, faut continuer à y croire. Partir de rien pour arriver là, c’est un miracle. J’arrêterai donc le jour où j’aurai tout fait et que je serai fatiguée. Ce n’est donc pas encore demain la veille (sourires) ."


Chantal Goya - La planète Merveilleuse, le 7/2 à Liège, le 8/2 à Bruxelles, le 25/4 à Charleroi et le 26/4 à Marche-en-Famenne. Infos et réserv. : 070/660.601 ou via c-live.be.