Nouveau look, nouvel homme et 4e album pour Alanis Morissette. La Canadienne s'est apaisée

ENVOYÉ SPÉCIAL AUX PAYS-BAS JEAN-PHILIPPE DARQUENNE

AMSTERDAM Alanis Morissette fait partie de ces (nombreux) artistes dont seul le premier album a véritablement laissé des traces. Dans le cas de la Canadienne sur le seuil de la trentaine, il s'agissait de Jagged little pill (soyons honnête, le suivant, Supposed former infatuation junkie, était fortiche aussi). Un coup d'essai devenu coup de maître mais qui ne livrait que la face (phase) obscure d'une jeune femme alors en recherche d'identité.

Moins de dix ans après, Morissette s'en vient nous dire comment elle a mûri sur un 4e opus décomplexé, rageur, joyeux et pur. En tombant, dans un hôtel arty d'Amsterdam, sur le sourire et la sérénité qu'elle affiche désormais, nous avons dû nous rendre à l'évidence: cette fille n'est pas raccord avec l'image qu'elle a souvent renvoyée. Non affirmée et quasi neurasthénique. Prétendu chaos, titre français de l'album sorti ce week-end, éclaire beaucoup sur cette distorsion. «Appeler ce disque ainsi était une façon d'ironiser sur le rock (pas aussi bordélique que ça, donc, NdlR) et ma réputation en particulier. Car, il faut le savoir, ma personnalité n'a pas été construite que sur la destruction. Sur un plan plus global, ce titre me permet également d'avancer que, si nos nations n'avaient ni gouvernement ni leaders, il n'y a aucune raison de croire qu'elles vivraient dans l'anarchie. Si nous n'avions personne pour nous dire quoi faire, je pense qu'au bout d'un certain temps, nous serions tout à fait capables de nous gérer nous-mêmes.»

Un jeune boyfriend

Cheveux courts et idées longues, Alanis. Et puis, de plus en plus clairement, ce besoin de ne plus se cogner à la la fatalité et aux conflits. Lesquels sont néanmoins encore au centre de quelques-uns de ses nouveaux morceaux, dont Not all me. Mais This grudge parle posément de pardon et Excuses se passe de commentaires. Et puis, une première, elle a enfin écrit une vraie chanson d'amour, le single Everything, destinée autant à celui qui partage sa vie qu'à... elle-même. L'autoacceptation après l'autodéni. «Mon boyfriend est deux ans plus jeune que moi, mais le professeur, c'est lui! Vraiment! Par le passé, j'étais complètement accro au travail, je me flagellais dès que je faisais le moindre break et je voulais tout contrôler. Mais depuis un petit temps et surtout depuis que je suis avec ce garçon, j'apprends la limite. Et la sagesse. Avant, les hommes avec qui je sortais, je ne les voyais que comme des êtres soit totalement formidables et fantastiques, soit totalement mauvais et cruels. Mais en lui, je parviens à tout voir en même temps, voir l'ensemble de son humanité. Il est, donc, le premier en qui je me vois aussi...»

«Musicalement», poursuit-elle, «j'en suis peut-être à mon quatrième album, mais je sens que j'ai à peine commencé à avoir de l'élasticité. Créer des chansons en étant lourdement influencée par les troubles que j'ai traversés, je suis toujours tentée par cela. Bien sûr. Mais je pense sincèrement que, contrairement à d'autres, je le fais sans frustration.» Le clou est enfoncé.

Détachée de plein de choses, Alanis Morissette conclut qu'elle n'écoute pas énormément de musique. «Souvent, je préfère jouer aux cartes...» Avec l'arrivée sur le marché de sa compatriote Avril Lavigne, Alanis Morissette passe déjà pour une has been. Injuste et inapproprié. C'est le moment de vaincre les préjugés et de réserver un bon accueil à So-called chaos. L'album de quelqu'un qui a fini par pouvoir se regarder en face.

Alanis Morissette, So-called chaos (Warner).








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