Chimène Badi: "Je n’aimerais pas être à la place de ceux qui sont au top !"

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Chimène Badi: "Je n’aimerais pas être à la place de ceux qui sont au top !"
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Chimène Badi a su défier les modes musicales en restant fidèle à elle-même. Elle revient sur la scène du Cirque Royal.

Une voix (et quelle voix !) et une bonne dose de sincérité, voilà Chimène Badi. Avec elle, pas de faux-semblant. L’artiste "de nature timide, mine de rien" est entière, douce et désormais, bien, très bien dans ses baskets. La jeune femme de bientôt 34 ans est restée, depuis ses débuts, fidèle à elle-même. Elle sait où elle va. Ce qu’elle veut. Ou pas. Par exemple, nous confie-t-elle : "Je ne me vois pas maman. Je vais aller un peu plus loin en vous disant que par les temps qui courent, je ne me vois pas maman. Le monde d’aujourd’hui ne me donne pas envie d’avoir un enfant. Ça me ferait trop flipper. Je préfère être seule. C’est bien comme ça."

Votre carrière a démarré après Popstars. On vous a vu danser dans Danse avec les stars et jurée à The Voice sur la RTBF. C’est indispensable, la télé, aujourd’hui ?

"Non, ce n’est pas tout à fait nécessaire. Ce sont des petits défis. Quand on m’a proposé Danse avec les stars , pour être tout à fait honnête, je ne voulais pas. C’est mon producteur qui m’a dit que ce serait bien, maintenant que j’étais à l’aise, pour montrer que j’étais bien dans mes pompes. J’ai fait l’émission pour qu’on voie vraiment qui je suis. J’ai ressenti un truc de fou après ma 1re chorégraphie, mais ça ne me procurait pas la même force que quand je montais sur scène pour chanter. Ça m’a apporté pour la suite : se lancer dans une arène dans des tenues très sexy, je n’aurais jamais cru le faire un jour ! À The Voice en Belgique, c’était super de pouvoir partager ce que j’ai vécu, ma jeune carrière avec ces jeunes talents et de voir que mes conseils leur servaient… En faisant ces émissions, j’ai obtenu ce que je voulais, c’est-à-dire du plaisir et à chaque fois un défi à relever."

Les chanteuses à voix qui continuent de vendre des albums et faire des tournées sont de moins en moins nombreuses… Ce qui tourne majoritairement en radio est issu de la scène pop, urbaine… C’est difficile de survivre au milieu de ça ?

"Non. Je ne le prends pas comme ça...il vaut mieux sinon je pourrais tout plaquer (rires) ! Moi, j’essaie d’avoir un parcours dans la durée, dans le temps. Je reste honnête dans ce que je raconte, dans ma musique et c’est ce qui fait, je pense, que je reste crédible. Je n’aimerais pas être à la place de ceux qui sont au top en ce moment et qui sont dans des textes incohérents, qui racontent un peu n’importe quoi, qui font de la musique directement depuis l’ordinateur, y’a pas de vrai instrument, aucune sensibilité. Dans quelques années, ils ne seront plus là, il y en aura d’autres. Je pense faire partie de ces artistes - et ce n’est pas de la prétention - qui font leur chemin au milieu de tout ça. Et qui restent honnêtes face à eux-mêmes et à leur public."

Quand vous montez sur scène aujourd’hui, une dizaine d’années après vos débuts, vous vous sentez nettement plus en confiance ?

"C’est juste qu’à l’époque, avant de monter sur scène, je m’en rendais malade ! Jusqu’à en vomir parfois… Mais une fois sur scène, je me sentais à mon aise, comme si j’avais toujours fait ça. Aujourd’hui, l’avant est moins douloureux, c’est moins de souffrance. J’ai toujours mon petit stress, mon petit moment où il ne faut pas me parler (sourire) ! Il y a une aisance maintenant, s’il y a un trou ou autre, je peux discuter avec le public."


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