CloClo en chair et en hologramme

Musique

envoyé spécial à Paris Pierre-Yves Paque

Publié le - Mis à jour le

CloClo en chair et en hologramme
© D.R.
Nous avons vu, en première mondiale, un extrait du spectacle Hit Parade avec Claude François en hologramme. Bluffant.

Cette année-là, comme chantait Claude François, sera finalement 2017. Vu qu’à partir du 12 janvier, le chanteur - accompagné de Dalida, Mike Brant et Sacha Distel - revivra en hologramme le temps d’une tournée de concerts entre la France et Bruxelles. Avec la technique de la motion capture, méthode utilisée pour le film Avatar de James Cameron, mais avec une résolution 12 fois supérieure au cinéma (grâce aux caméras ultra-haute définition), le voyage dans le temps se prépare depuis un an et demi dans les studios Rive Gauche de Paris.

Si les tentatives de Michael Jackson, Tupac Shakur, Elvis Presley ou encore Whitney Houston ont déjà vu le jour, celles-ci n’étaient qu’expérimentales. Ici, il s’agit d’une véritable envie de ressusciter en chair et en hologrammes les vedettes d’hier. Et les premiers résultats, même si encore perfectibles par moments (manque de profondeur, impression d’un simple écran sur les chansons), sont bluffants. Mention spéciale aux Claudettes qui paraissent plus vraies que nature, à l’effet Spoutnik ou à cette accolade à vous dresser les poils entre Michel Drucker et Claude François. Enfin, plutôt son hologramme. "On a une histoire particulière en plus avec Forest National, confie le producteur de Hit Parade, qui passera par Bruxelles en avril 2017, David Michel. Claude François avait fait son dernier show en 74 dans cette salle."

De la 3D, sans les lunettes

Présenté en exclusivité mondiale hier à Paris, ce spectacle holographique d’un budget de 5 millions d’euros est en effet le seul qui met en vedette quatre stars défuntes. Et ce Hit Parade n’a pas fait que parader. "Avec une scène de 17 mètres de long, 7 de haut et sur deux niveaux avec une passerelle, il s’agira d’une nouvelle tentative de spectacle jamais égalé, poursuit le producteur français qui travaille en étroite collaboration avec la société d’effets spéciaux responsable du film Moi, Moche et méchant, MacGuff. Avec une définition 48 fois supérieure aux shows de Las Vegas, à savoir 12.000 images fabriquées sur une chanson de 4 minutes, on peut dire qu’on est des pionniers."

Avec cette plongée au cœur d’une émission télévisée des années 70’ (le show a notamment été écrit par l’un des co-auteur des Guignols, Bruno Gaccio), la troupe de Hit-parade - plus de 20 danseurs et comédiens dont Tonya Kinzinger - semble déjà convaincre Claude François junior en personne. "Au-delà du spectacle, il s’agit de vivre une expérience technologique qui nous transporte dans le temps, se réjouit le fils de Cloclo au sujet de ce spectacle qui donne une impression de trois dimensions mais sans les lunettes 3D. Ce ne sont pas des sosies. C’est donc un vrai défi, car on n’y est pas encore au niveau du visage ni des mouvements de sa mèche. Mais j’y crois et j’ai confiance en cette équipe. Dieu merci, on n’arrive pas encore à cloner un humain avec des graphistes. Mais avec cette technologie de pointe, je pense qu’on n’arrivera plus à distinguer le vrai du faux. On est en train de se faire un truc que même les Américains n’ont encore jamais fait !" Alors à quand un selfie ou un autographe avec un hologramme ?

Ils ne sont plus décédés

"Désolé, Sacha ne peut pas être là avec nous aujourd’hui car il est en répétition avec Mike Brant", plaisante Laurent Distel, tant le fils de l’interprète de La belle vie est convaincu du procédé qui remettra en lumière son illustre père. "Le mot résurrection ne me plaît pas car je ne voulais pas que ce soit morbide… Ma mère a d’ailleurs encore du mal à l’écouter sur un CD mais elle viendra lors de la première le 12 janvier."

Cela ne fait en effet que 12 ans que le chanteur a disparu et il est donc difficile de le "revoir" en vie pour sa famille. "C’est un procédé complexe car il faut trouver l’intermédiaire entre la mémoire qu’en ont les gens et celle qui l’ont connu dans l’intimité", explique celui qui a fourni une multitude d’enregistrements et de documents originaux pour ce projet. "Quand on m’a demandé ses mensurations, je savais qu’il mesurait 1,73 m et qu’il chaussait du 43, car je ne rentrais pas dans ses chaussures, sourit-il, mais pas grand chose du reste."

Même son de cloche du côté de Yona Brand, la nièce de Mike Brant. "C’est une aventure aussi émotionnelle que révolutionnaire, raconte celle qui n’a pas connu son l’interprète de Laisse-moi t’aimer vivant. On sait d’où on est parti mais on ne sait pas encore où on va. Lui qui était féru de technologies et toujours en avance sur son temps, il aurait été heureux d’en être le précurseur. Je suis impatiente d’enfin voir mon oncle sur scène !"

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