Dimanche, c’est un trip émotionnel d’une rare intensité que le chanteur de Coldplay a partagé avec le public de Forest

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BRUXELLES Les deux premiers album du groupe anglais Coldplay, Parachutes et A rush of blood to the head, sont d’authentiques joyaux mélancoliques. Mais, en live, c’est sur un mode beaucoup plus extraverti et nettement moins autiste que Chris Martin et ses camarades les déclinent. Ce qui surprend d’abord mais finit par incendier avec une autre intensité. En prélude à la troisième partie de leur tournée (après les USA et l’Angleterre), c’est au public bruxellois qu’ils viennent d’en faire la démonstration. Et, pour être francs, il nous en reste encore des volutes bleues dans les yeux...

S’ouvrant sur Politik, le concert de dimanche était plus vorace et plus rock que prévu, donc, mais, par dessus tout, on y a découvert un showman. Car littéralement possédé par son piano, son micro, ses accords et ses mots, Chris Martin est embarqué pendant près d’une heure trente dans un trip inouï, dominé tour à tour par d’hargneuses guitares et de sublimes mélodies à marée basse (Spies, Everything’s Not Lost).

Unique en son genre dans sa façon d’avoir le cœur qui saigne et le tee-shirt qui colle, le chanteur n’en rappelle pas moins, de temps en temps, l’émotion vocale de Paul Simon ou l’énergie de Bono (Yellow). D’autant que plusieurs écrans géants magnifient chacun de ses mouvements...
En final, le single In My Place, qui sur laser file une chair de poule à nulle autre pareille, est lui aussi suractivé mais, à nouveau, l’émotion et la profondeur survivent formidablement. Plusieurs inconditionnels ont regretté que leurs idoles n’aient pas livré sur scène Sparks ou Warning Sign – il leur est également arrivé de reprendre de l’Echo & The Bunnymen – mais, pour notre part, autant de générosité nous a suffi.

Coldplay, A rush of blood to the head (EMI)