Indochine a donné le coup d'envoi de sa tournée à l'Espace Magnum de Colfontaine

COLFONTAINE `Et soudain, surgit par-devant, le vrai héros de tous les temps. Bob Morane contre tout chacal. Aventurier contre tout guerrier...´

Cette jeune fille qui nage en plein bonheur n'était pas née quand Indochine a sorti le 45 tours L'aventurier (en 1982) mais elle en connaît toutes les paroles. Comme elle a déjà appris les refrains des morceaux de Paradize, nouvel opus d'Indo qui a atterri chez les disquaires mardi dernier. A côté d'elle, on trouve d'autres ados plongés corps, coeurs et âmes dans ce concert euphorique. Et aussi des trentenaires et plus qui se disent que ce groupe assure toujours. Non, Indochine n'a pas bien vieilli. En fait, Indochine ne vieillit pas.

Vendredi, l'espace Magnum de Colfontaine affichait complet. Tout comme le Forum de Liège où Nicola Sirkis et ses potes se produisaient samedi soir et sans doute Forest National où ils joueront le 14 décembre après, on l'espère, avoir fait trembler quelques podiums cet été.

Pour ce coup d'envoi, ce n'est pas parfait. Ici, c'est une intro qu'il faut recommencer trois fois. Là, c'est un clavier capricieux qui hoquette bizarrement. Ou encore ces projections qui ne sont pas toujours suffisamment éclairées. Mais il ne s'agit que de détails par rapport à l'essentiel: la communion entre Indochine et son public, la foi inébranlable de son chanteur, éternel ado malgré ses 42 ans, l'efficacité des mélodies et, c'est indéniable, cette volonté de ne jamais vouloir se répéter sans pour autant dérouter les fans.

Le concert dure environ deux heures mais on ne s'ennuie jamais. Le spectacle est sur scène avec un Nicola en maître de cérémonie, un groupe vachement efficace, un light show très bleu je veux et des projections vidéo. Le spectacle est aussi dans la salle. Les gens crient. Ils tapent dans les mains. Lâchent des cris d'enthousiasme dès qu'ils reconnaissent un morceau, c'est-à-dire après quelques notes seulement.

Laissant de côté l'option du répertoire en crescendo, Indochine préfère d'abord s'attarder longuement (mais à raison) sur le petit dernier. Paradize, Electrastar, Punker (enrichi d'une très belle séquence vidéo), Mao Boy!, le single J'ai demandé la lune sont d'indéniables réussites. Le son est impressionnant. Les guitares sont mises en avant. Nicola en joue beaucoup plus que dans le passé. `J'ai travaillé dur sur les grattes!´, nous confiera-t-il dans les coulisses. Le ton est franchement rock et renforce le parallèle qui s'établit de plus en plus souvent, tant chez les fans que dans la presse, entre Placebo et Indochine.

Si Indo impose son nouveau CD avec assurance, fierté et, somme toute, beaucoup de classe, il ressort aussi l'artillerie des classiques: Trois nuits par semaine, Kao Bang, Juste toi et moi, Stef II, Des fleurs pour Salinger ou encore, en rappel, Tes yeux noirs et une version époustouflante de L'aventurier... On le constate, il y a peu, très peu de déchets.

Indochine est parti pour une très longue tournée et c'est tant mieux car le groupe n'a jamais été aussi fort musicalement. En France, il partagera cet été la tête d'affiche avec David Bowie. Il rêve aussi de jouer en Flandre. Pourquoi pas?