Le nouveau tour de vis annoncé ce matin par le gouvernement pour enrayer l'épidémie de Covid-19 semblait épargner relativement la culture. Dans les faits, les décisions prises sont cependant lourdes de conséquences, en particulier la suspension des dérogations permettant d'accueillir plus de 200 personnes dans les salles de spectacles.

Loïc Nottet vient de confirmer, des larmes plein la voix, les informations de la DH selon lesquelles les quatre concerts qu'il devait donner ces samedi et dimanche au Cirque Royal de Bruxelles sont non pas annulés mais reportés à plus tard. Le chanteur insiste beaucoup sur le fait qu'il veut absolument présenter ces spectacles baptisés Phantomania. Ils le seront donc plus tard, quand les mesures le permettront.

Il dit être dégouté par la situation. D'autant insiste-t-il, que tout avait été fait à la fois par ses équipes et par celle du Cirque Royal pour que cela se passe dans la sécurité la plus complète. Deux virologues avaient, par surprise, contrôlé les dispositifs mis en place par la salle bruxelloise et leur rapport était très positif, explique-t-il.


C'est une catastrophe pour l'artiste qui trépigne d'impatience depuis des mois pour remonter sur scène. C'est aussi, évidemment, une catastrophe pour l'exploitant de la salle. Il s'agissait quasiment des quatre seuls événements encore à son agenda, tous les autres ayant été soit reportés soit annulés. Il reste deux ou trois spectacles programmés en décembre mais même l'exploitant de la salle ni croit plus.

"On a tout essayé, explique Denis Gérardy, le responsable du Cirque Royal. On avait les dérogations qu’il fallait, des plans de dérogation sanitaire qui ont été salués par des virologues et le public lorsqu’il y a dix jours nous avons accueilli Vincent Delerm. Ca a nécessité des mois de travail et des investissements. On était prêts pour Loïc Nottet. Ce matin encore, on montait des barrières Nadar pour faire des couloirs dans la rue… En fonction de ce que l’on nous avait dit suite à plusieurs réunions avec des scientifiques, nous étions quasi certains de notre coup en termes de protection sanitaire du public. Il faut savoir que nous distribuons des masques chirurgicaux, donc les plus fiables, à chaque spectateur avant leur entrée dans la salle. Nous avions mis en place des mesures qui allaient plus loin que ce qui nous était demandé."

Cela s'entend dans sa voix, le coup est rude. Il le concède, depuis hut mois, il a un peu craqué. Mais il respectera les mesures décidées à défaut de totalement les comprendre. Et l'heure est à présent venue de soutenir son équipe, dit-il. "On fait ce métier parce qu’on est passionnés. En tant que responsable du Cirque Royal, je dois d'essayer que cette passion ne disparaisse pas chez tous mes collaborateurs qui ont fait un travail fantastique. Mais dans ce flou absolu et sans perspectives, ça va devenir de plus en plus difficile de les motiver."