Effet collatéral du 13 novembre : alors que les nouvelles réservations stagnent, la revente de tickets est en plein boom.

La population occidentale, française et belge, a beau scander qu’elle entend répondre à la peur infligée par les terroristes en continuant à vivre, à faire la fête et à sortir, force est de constater que les faits ne rencontrent pas toujours les paroles. Il suffit d’observer un phénomène qui a pris de plus en plus d’ampleur chaque jour, depuis samedi matin, sur les réseaux sociaux et les sites de vente d’occasion comme 2emain ou kapaza : celui de la revente de tickets de concerts.

Maître Gims, Marilyn Manson, Simply Red, Johnny Hallyday : la braderie part dans tous les styles musicaux. Il y a toujours une revente de tickets avant un tel événement. "Mais pas dans cette proportion", nous confirme Thibaut, internaute qui a fait de l’achat-vente de tickets et billets d’événements sportifs une sorte d’activité professionnelle parallèle très borderline (rappelons qu’il est légal de revendre un ticket de concert, mais au prix payé pour ladite place, c’est la spéculation qui est interdite). "Marilyn Manson, généralement, les gens qui vont le voir, ils n’annulent pas. Pourtant, j’ai vu énormément de billets circuler…" Le chanteur de métal, dont les textes blasphématoires sont reconnus, se produisait mercredi soir à l’Ancienne Belgique. Une salle qui, dans sa configuration, rappelle le Bataclan.

"Pour Maître Gims aussi, qui draine un public plus jeune, pas mal de billets ont volé, à la va-vite, sur Facebook. Probablement des parents qui préféraient éviter de savoir leurs gamins là-bas. Qui plus est, l’artiste est parisien…"

En France, même phénomène : après un ressac de -30 % observé ce week-end, les ventes de billets sur Passetonbillet.fr observent aujourd’hui un bond de +40 % par rapport à la semaine dernière.

"Il ne s’agit pas vraiment de peur", nous confie Henry, Bruxellois qui avait prévu d’aller voir Simply Red à Anvers avec son épouse, avant de se décider de passer son tour, le mercredi matin même. "Mais plutôt d’une espèce de doute, de malaise. Puis, le cœur n’est pas à la fête, il n’y a rien à faire."

Un sentiment qui commencerait, également, à se faire ressentir concernant de nouvelles réservations dans certaines salles…

© D.R.