La foudre s’est abattue à plusieurs reprises vendredi à l’occasion de l’ouverture de la 24 e édition du Graspop. Et pas celle qu’on a l’habitude de connaître quand le ciel gronde. Non plutôt celle que les vétérans du Graspop ont balancé à coups de riffs à plus de 50.000 festivaliers sous une météo particulièrement clémente d’ailleurs. Même si les pionniers du thrash metal, Death Angel, auront bien lancé les hostilités et que Hatebreed n’a cessé d’exhorter le public à s’adonner aux joies du « pit » et du pogo, c’est bien au vétéran Glenn Hughes à qui l’on doit la première claque de la journée. Et pourtant tout laissait penser au pire à la lecture des nombreuses annulations qui ont récemment émaillé la tournée anglaise de l’ancien chanteur de Deep Purple pour des raisons de santé. 

Le bassiste chanteur a tenu à maintenir la date de Dessel et il y a même donné le meilleur de lui-même devant un auditoire médusé par les excellentes interprétations des meilleurs titres de Deep Purple. Vêtus de chemises à fleurs et de jeans patte-d’éléphant qui fleuraient bon les seventies, les musiciens ont particulièrement bien donné le change lorsque Glenn Hughes a entonné les Stormbringer, Mistreated ou autre Sail Away. Et que dire alors de son talentueux guitariste qui aligné les riffs et les soli en se présentant comme le fils spirituel de Richie Blackmore sur, notamment, un virevoltant Highway Star. Certes, les cris stridents de Glenn Hughes ont eu un côté parfois insupportable mais même dans cri, le bougre a démontré ses attributs vocaux et a fait preuve d’une parfaite justesse musicale lorsqu’il entonna un Georgia on my Mind, seul écart du répertoire de Deep Purple, de belle envolée pour ponctuer un Smoke On The Water de derrière les fagots...

Jeff Gutt, l’insolent

La foudre n’a pas épargné non plus le chapiteau du Marquee où les Stone Temple Pilots sont apparus en toute grande forme. Ceux qui ne connaissaient pas Jeff Gutt ont vite appris de quel bois le nouveau chanteur se chauffait. Il n’est pourtant pas facile de se mettre dans les pantoufles du regretté Scott Weiland. Et bien Jeff n’en a eu cure. Il n’a pas hésité à fendre la foule pour y trimballer sa belle petite frimousse de gendre idéal. Lunettes de soleil sur le nez, le garçon a pourtant fait preuve d’une insolence crasse. A tel point qu’il a rapidement fait oublier la dernière lamentable prestation des siens sur ces mêmes planches où Scott Weiland encore en proie avec ses addictions et ses comparses avaient traîné leur ennui. Rien de tout cela ce samedi avec une prestation cinq étoiles des frères DeLeo qui ont aligné les tubes que sont devenus Plush, Big Empty, Interstate Love Song, Big Empty ou Vasoline...

Le bombardier Slayer a attaqué

La dernière claque de la soirée aura été l’oeuvre de Slayer qui, à l’instar de Kiss, a fait lui aussi ses adieux au public belge. Le rouleau compresseur s’est abattu sur la plaine de Dessel tel un bombardier. Et Tom Araya et ses potes n’ont pas besoin d’artifices pour cogner là où cela fait mal. A 23:30 tapantes, Kerry King a ciselé les riffs de Repentless pour poursuivre dans un répertoire composé des plus récents titres (World Painted Blood mais aussi des plus anciens (Evil Has No Bounderies). Les Américains ont puisé dans toute leur discographie pour assommer le public sous les riffs de War Ensemble, Chemical Warfare ou Mandatory Suicide. Soutenus par un jeu de lumières porté surtout sur la couleur du sang et par des effets pyrotechniques sur des croix inversées, les disciples de San Francisco ont mis le Graspop sur les genoux en lui offrant un final d’anthologie en alignant Seasons in the Abyss, Hell Awaits, South of Heaven, Raining Blood, Black Magic, Dead Skinhead Mask puis Angel of Death... Des adieux que n’oubliera pas de sitôt le public du Graspop...