Damso, c’est le poids lourd du rap belge. Un maître étalon également adulé en France dont la popularité franchit à présent les frontières de la francophonie. Pour une de ses rares interviews données suite à la sortie de QALF, en septembre, c’est dans les pages du Guardian, journal britannique, qu’il s’est exprimé. Une première pour le rappeur belge auprès de la presse anglo-saxonne. De quoi lui donner une nouvelle stature, lui qui avec ce quatrième album s’est offert le record du nombre de streams écoutés en 24 heures sur Spotify : plus de 14 millions. Mieux. Le jour de la sortie du disque, il a été l’artiste le plus streamé au monde

L'industrie musicale tue

Dans cet entretien, Damso n’a pas sa langue en poche constate le journaliste. Pas moins que d’habitude serait-on tenté d’ajouter de ce côté-ci de la Manche. Entre les évocations de sa jeunesse à Kinshasa, son arrivée en Belgique et son retour en RDC, il décoche ses flèches. Contre l’industrie musicale, notamment, accusée de tuer les artistes. “Tu dois toujours trouver une idée qui va faire le buzz, ce qui met un frein à la créativité”, juge-t-il. D’où l’indépendance qu’il revendique et qu’il affiche.


Il n’est pas tendre non plus avec lui-même. “Quand on s’aime, on a le courage de faire les choses, on est libéré de nos peurs”, explique-t-il. Mais pour y parvenir, la route est longue et semée d’obstacles. “C’est très difficile de s’aimer. Ce n’est que depuis quelques mois, même pas un an, que je peux dire que je m’apprécie… Je n’ai jamais pu voir le bon côté des choses. J’avais une vision perverse du monde qui gâchait tout ce que je voyais.”

Un camping-car et puis s'en va

Il aborde aussi ce qui fait peur à tous ses fans, son fameux plan sur 10 ans pour atteindre le succès, celui qui lui a valu de se retrouver à la rue et qui s’achève en… 2022, rappelle le quotidien britannique. Si ses attentes ont été largement dépassées grâce à ses quatre albums et le fait qu’il écrive pour d’autres, comme Louane, Damso entend désormais la jouer cool. la rengaine métro-boulot-dodo-retraite, trop peu pour lui. Il rêve d’un camping-car aménagé en studio pour sillonner l’Irlande, l’Islande ou les forêts et de faire de la musique pour lui, sans autre forme de pression. “Je pourrais dormir paisiblement avec tout ce dont j’ai besoin pour faire du son.” Et il ajoute : “Si je veux partir et m’en aller, je partirai, juste moi et ma musique, paisiblement. Petit à petit, le côté obscur…”


En attendant, c'est un nouveau succès qui l'attend avec la sortie du single 911 et de son clip officiel tourné à Kinshasa. Diffusé sur YouTube depuis lune semaine, il comptabilise déjà près de trois millions de vues. À ajouter au 5,5 millions d'écoutes de la version audio disponible depuis la sortie de l'album en septembre.