Dany Brillant: "On ne s’aime pas pour la vie"

Musique

Interview > Pierre-Yves Paque

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Dany Brillant: "On ne s’aime pas pour la vie"
© D.R.
Ce Dernier Romantique qu’est Dany Brillant sera en concert, ce jeudi, à Bruxelles.

"Tout revient aujourd’hui", constate le chanteur français (d’origine tunisienne) de 49 ans. "Le swing comme la danse de couple. Quand j’avais 14 ans, dans les boums, le slow permettait de prendre, dans mes bras, une fille que je ne connaissais pas et sans même avoir à lui parler. J’ai toujours trouvé ce système incroyable. Faites ça dans la rue sans musique, vous allez vous retrouver au commissariat (sourire) ! Sur un slow, par contre, vous avez le droit."

Avec son dernier album intitulé Le Dernier Romantique, Dany Brillant - plutôt habitué à la bossa-nova, au swing ou à la salsa - tente ainsi de déringardiser cette danse dite de mariage. "Comme la danse du couple revient à la mode, le slow suit le pas car c’est la danse que tout le monde peut danser, elle ne demande aucun apprentissage comme la salsa ou le tango."

Le slow est une musique qui prend son temps ?

"Exact. C’est un moment de tendresse dans notre vie devenue très virtuelle, mécanique voire urgente au point qu’on en oublie cette tendresse et ce romantisme. Quand vous serrez quelqu’un dans les bras, vous savez tout de lui. Le corps ne ment pas. C’est du langage non verbal qu’on aime car cela dégage une cytosine qui est l’hormone du bien et de l’attachement. Ce disque, très doux comparé a ce que j’ai fait avant, je le vois comme un outil de séduction à mettre lors d’un dîner ou à partager lors d’un concert avec un ou une inconnu(e). C’est une démarche clairement romantique."

Car le couple, avec la crise, est devenu une valeur refuge ?

"Absolument. On le voit d’ailleurs au cinéma avec La famille Bélier ou autres. Mai 68 a cassé l’idée de la famille et du couple; on s’est retrouvé très seul dans les années 80-90. Mais aujourd’hui, l’amour est de retour. La stabilité est mieux que le célibat ou les sites de rencontre."

Quel est le secret d’un couple qui dure alors ?

"La distance; on ne doit pas être l’un sur l’autre tout le temps. Trouver un espace où chacun a sa vie propre. Être dans une fusion totale comme au 19e siècle, ça finit par créer une rupture. L’homme autant que la femme est fait pour vivre en couple mais aussi pour avoir sa vie propre. Il faut s’aimer en gardant distance. L’amour n’est pas un sentiment stable, on ne s’aime pas pour la vie, il faut le ranimer sans cesse."

C’est votre côté séducteur qui vous l’a enseigné ?

"Sans doute. Si plus jeune, on m’appelait le dernier romantique, c’est parce que j’étais déjà un peu décalé voire fleur bleue. À 16 ans, quand je séduisais, je m’y prenais à l’ancienne, j’écrivais des chansons et des poèmes. D’où ce surnom de dernier romantique. Je suis resté un rêveur. Je me bats pour un certain romantisme bien que le monde devienne de plus en plus technologique et donc un peu froid. On tombe plein de fois amoureux dans une vie, c’est pourquoi une rupture n’est pas si grave. Une dernière fois donne naissance à une première fois, c’est un éternel recommencement. L’amour est une renaissance !"

Interview > Pierre-Yves Paque

Sa femme est liégeoise

Avec Nathalie - son épouse qu’il a rencontrée il y a 10 ans au Festival de Cannes et avec laquelle il a eu deux enfants, Lino (3 ans) et Dean (5 ans) - Dany Brillant semble avoir trouvé son âme sœur. "Elle est liégeoise, avec une belle éducation et mentalité. C’est pourquoi j’aime tant les Belges, ils ont gardé beaucoup de valeurs de la famille contrairement à la France où on est parfois parti en vrille. Vous avez su garder des traditions que les Français ont perdues. C’est donc très reposant d’avoir une femme comme j’ai. Il y a une chaleur quand vous rentrez à la maison." L’éternel séducteur a donc su trouver celle qui pouvait le recadrer. "Je suis quelqu’un qui a su profiter de sa jeunesse, je l’ai d’ailleurs souvent chanté. Mais à la quarantaine, j’avais envie de créer un foyer et d’avoir des enfants. Mon personnage a évolué et jouer le dragueur à 40 balais, c’est un peu pathétique." Papa poule, Dany Brillant ? "On a l’impression qu’on élève nos enfants mais moi, je trouve que ce sont eux qui nous élèvent. Faut être à la hauteur. On essaye de les faire grandir mais en les écoutant, ça nous aide aussi à grandir de manière spirituelle. L’un est plus artiste, l’autre plus ordonné. Je veux qu’ils deviennent ce qu’ils sont. Je ne leur impose rien."


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