De Joe Cocker à M Pokora, ils ont tous chanté Leonard Cohen.

On ne compte plus les reprises de Leonard Cohen, le chiffre dépassant allègrement les 1.500. Et fait inhabituel, celles-ci ont commencé avant même la sortie du premier album du Canadien, décédé vendredi. On découvre sa plume dès 1966-1967 à travers deux albums de la chanteuse folk américaine Judy Collins qui contiennent six de ses chansons, dont Suzanne et Sisters Of Mercy .

Avec la parution de Songs of Leonard Cohen, en 1967, les choses accélèrent et les grands noms de la chanson, tous horizons confondus, reprennent le répertoire du chanteur canadien. Nina Simone s’approprie Suzanne, comme le fera plus tard Anna-Frid Lyngstad, une des chanteuses d’Abba. Joe Cocker fait sienne A Bird On The Wire qui sera également reprise de très belle façon par Johnny Cash dans sa série American Recordings. Sans oublier Hallelujah ! On compte plus de 200 versions de cette chanson qui avait pourtant bien mal commencé sa carrière. Parue sur Various Positions en 1984, la version n’était pas très convaincante, jusqu’à ce que John Cale, cofondateur du Velvet Underground, en fasse une version dépouillée et habitée. Celle-ci a servi de base à la magnifique interprétation qu’en a donnée le regretté Jeff Buckley qui aura popularisé ce titre auprès des nouvelles générations. D’autres lui ont emboîté le pas, pour le meilleur ou pour le pire : Bon Jovi, Céline Dion ou M Pokora.

En 1991, Les Inrocks soulignaient déjà l’influence de Leonard Cohen sur ses pairs. À l’initiative du magazine français, un disque de reprises est paru sous le nom I’m Your Fan avec REM, Pixies ou encore Nick Cave&the Bad Seeds. Trois ans plus tard, Nirvana évoque Leonard Cohen dans Pennyroyal Tea extrait d’In Utero, le troisième album du groupe. Ce devait être le troisième single du disque mais il est retiré du commerce suite au suicide de Kurt Cobain quelques jours après sa sortie.

Leonard Cohen n’a pas qu’inspiré les artistes anglo-saxons. Il s’est aussi taillé une sérieuse réputation auprès des francophones. C’est Graeme Allwright qui l’a le premier traduit en français. Serge Lama a suivi avec l’adaptation d’A Bird On The Wire devenue Vivre Tout Seul que Leonard Cohen reprendra à l’occasion sur scène ! Ou encore d’Alain Bashung qui sur Bleu Pétrole, son dernier album paru en 2008, offre une superbe lecture de Suzanne.