Monon De Carvalho Coomans a-t-elle, d’emblée, voulu prendre quelques précautions oratoires ? A-t-elle peur que l’on parle dans son dos, qu’on la toise ? Que ceux qui étaient dubitatifs après Paradise, comptine pop imparable, l’attendent au tournant, se réjouissant d’avance que la Bruxelloise soit incapable de rééditer la prouesse et s’enlise dans un album où ne régnerait qu’un single ? Let Them Talk. Laisse-les parler. L’avertissement est placardé sur son premier album.

"C’est un titre à double tranchant, détermine-t-elle. Mais je n’y vois pas le côté péjoratif. Ce titre veut plutôt dire que les gens vont parler alors que moi je sais qui je suis et ce que je veux faire. Je suis arrivée à ne pas me perdre. Mes amis me voient différemment aussi. Ce Laisse-les parler peut s’entendre aussi dans le sens où ils auront tous un avis différent. Je dois simplement savoir ce que je fais et ce que je suis. À partir de ce préambule, tout ce que je veux peut se passer autour. C’est l’idée aussi de ne pas avoir de regrets, moi qui ai arrêté mes études. Que ça se passe mal ou bien, j’aurai fait les choses comme je le souhaitais et je me serai amusée."

Et avec ce premier album , la jeune fille essaie de partager sa joie de vivre. Avec des accents moins reggae que Paradise, Let Them Talk est encore juvénile mais démontre que la miss pourrait surmonter le buzz et affirmer son talent.

Comme sa personnalité, même si elle ne manque pas de ténacité. "Pour mon entourage, le milieu de la musique est à la fois fort abstrait et assez fantastique quand il est vu de l’extérieur. Quand il y a des gens que je vois moins souvent, on parle plus de ma musique que d’autre chose, c’est assez déstabilisant. Je suis assez spontanée, ce n’est pas toujours facile d’assumer ma place, les regards changent."

Alors qu’elle a abandonné ses études de cinéma en dernière année, cet ovni musical s’est façonné une image. "Il y a Manon à la maison et Noa Moon en concert, mais je pense être la même personne, je ne vais pas commencer à être schizophrène. J’essaie d’être la plus spontanée possible en concert. Je veux rester la même, être accessible, prendre le temps, c’est donnant donnant. J’ai à cœur de rencontrer les gens. Et du mal avec le terme bosser. Ce n’est que du bonheur, du plaisir. Même la promo."

Et cette joie de vivre, elle essaie donc de la partager à travers dix chansons. "Les paroles sont très personnelles. Comme beaucoup d’artistes, j’écris des chansons qui parlent d’amour. C’est spontané. J’aborde des choses négatives, positives, des histoires de la planète. Toutes ces choses qu’ont ne voit pas mais qui sont là. Comme ces légumes au magasin qui viennent de l’autre bout de la planète ou ces petits trucs à faire chez soi, que ce soit économique ou social. Je ne donne pas de leçons, j’explique mes valeurs, je pose des questions. Avec des choses personnelles, parfois intimes. Bien sûr, je chante en anglais et le message est parfois moins direct. Mais si l’album tombe dans les mains d’un anglophone, je veux qu’il soit cohérent."


Noa Moon, Let Them Talk (team 4 Action/PiaS)