L'aventure du Roi Soleil continue avec succès : son rôle principal profite de la vague pour sortir son premier album solo


BRUXELLES Il enchaîne les interviews avec... le sourire (c'est le titre de son premier single, dont la musique est signée Benoît Poher des Kyo). C'est qu'Emmanuel Moire a l'habitude d'être sollicité : son rôle de Roi Soleil dans le spectacle musical du même nom lui a permis, en deux ans, de se faire un nom. Tandis que l'aventure continue encore, Emmanuel profite de la vague du succès et de sa récente notoriété pour sortir son premier album solo, baptisé Là où je pars. Un album à son image : plaisant et plein de sensibilité.

Pourquoi avoir choisi de sortir votre premier album alors que Le Roi Soleil est toujours en cours ?

"J'étais déjà dessus avant Le Roi Soleil et, pendant, j'ai continué à y travailler. Là, il était prêt, alors pourquoi attendre ? En tant qu'artiste, c'est important de poser des choses personnelles, de montrer ce que j'avais envie de faire. Et puis dans ce métier-là, pour trouver sa place et que ça dure dans le temps, c'est difficile : il faut savoir rebondir au bon moment et ne pas trop attendre. Ça s'est donc fait naturellement."

Il correspond tout à fait à ce que vous désiriez faire ?

"Oui, je suis vraiment content. Il y a eu des discussions évidemment parce que je n'ai pas fait les choses tout seul, mais quand je l'écoute maintenant, j'en suis très fier. C'est un album de transition : je ne devais pas oublier que les gens me connaissent via Le Roi Soleil et que donc je ne pouvais pas trop m'éloigner musicalement. Je suis content parce que j'ai réussi à faire quelque chose de très personnel tout en faisant attention à tout ce qu'il y avait autour de moi. Je ne me suis pas trahi une seconde, je n'ai pas chanté des choses que je n'aimais pas, j'ai fait la plupart des chansons et on a beaucoup discuté pour les autres."

La dernière fois que vous vous étiez confié à la DH, vous aviez dit que vous écririez quelques textes sur cet album. Finalement, ce n'est pas le cas. Que s'est-il passé ?

(Il rigole.) "Je n'ai pas signé de textes, par contre j'ai été super-présent. J'ai travaillé avec des gens que j'apprécie et que je connais depuis longtemps. En fait, ça a été très difficile pour moi : dès que je commençais à aborder un thème qui me touchait, je me censurais, je me jugeais. Je crois que je n'étais pas prêt. Je suis tellement entouré de gens qui travaillent très bien et qui savent qui je suis que c'était mieux que ça soit eux qui expriment les choses que j'avais envie d'exprimer. Je le ferai mais là, je n'étais pas prêt."

Il est beaucoup question d'amour malheureux dans cet album. Vous avez eu le temps d'avoir une vie sentimentale avec l'aventure du Roi Soleil ?

"C'est difficile. Ces deux dernières années, j'ai eu deux, trois aventures mais je ne suis pas disponible dans ma tête. J'ai pris conscience quand même que c'était important d'avoir une part de vie privée qui existe : en tant qu'artiste, si tu ne vis rien, tu n'as rien à dire. Il ne faut pas que je néglige ça. Parfois je me suis surpris à couper court à une relation parce que je n'avais pas le temps. Peut-être que c'est une façon aussi de ne pas affronter les choses parce que l'amour ça peut faire aussi un peu peur : le fait de s'investir, de s'engager, c'est flippant. Je me protège peut-être mais j'essaie maintenant de me laisser aller. Je ne vis rien pour le moment mais je ne me plains pas. Il y a un temps pour tout. C'est vrai en tout cas que l'album est assez exutoire. J'y parle de mes relations passées. J'avais besoin de faire une sorte de minithérapie pour pouvoir passer à autre chose. C'est comme la chanson La fin, c'est la plus triste, elle m'a demandé beaucoup : en studio, j'ai dû me replonger dans un truc que je n'avais pas forcément envie de revivre. Mais voilà, la chanson, c'est ça aussi. "

Emmanuel Moire, Là où je pars (Warner).



© La Dernière Heure 2006