Après le scandale du Fyre Festival aux Caraïbes ou du Vestiville en Belgique, au tour du Covid-19 de piéger des dizaines de festivaliers du Tribal Gathering sur une île du Panama

Aux dernières nouvelles, personne ne peut quitter le site”, balance sur la scène principale du festival de musique psytrance, une des responsables du Tribal Gathering mis en quarantaine suite à la pandémie mondiale qui venait de toucher le Panama le 10 mars dernier.” Rendez-nous nos passeports !”, crie un des 300 festivaliers dans une vidéo Vice qui revient sur l’événement qui s’est déroulé en mars dernier sur une île paradisiaque du Panama. “Au début, c’était le paradis, maintenant qu’on est confiné, c’est l’enfer. En venant ici, je ne m’attendais pas à vivre le dernier festival sur Terre.”

Le 15 mars dernier, le festival de musique a en effet été mis en quarantaine et des dizaines de personnes se sont retrouvées coincées sur place. “Le Tribal Gathering est le festival où les Occidentaux pouvaient apprendre auprès des communautés indigènes à rééquilibrer la société en symbiose avec la Terre, raconte, dans la vidéo réalisée par Vice, l’assistant de production James Baker. Mais la Terre n’est pas toujours fair-play. Le Covid-19 s’est propagé et l’utopie a cessé. La plupart des artistes autochtones ayant quitté le festival, les autres ont commencé à comprendre qu’ils étaient bloqués dans ce paradis.”


Quand le paradis vire au cauchemar

Entre témoignages de fêtards et de membres du staff, le reportage retrace le parcours du combattant des festivaliers pour rentrer chez eux. “On a tous été appelé sur la scène principale, raconte Hannah Bates, manager du wellness du Tribal Gathering. On nous a dit qui si on se trouvait sur le site ou au Panama depuis moins de 14 jours, on devait rester sur place et partir après ça.”

Si certains en profitaient pour relativiser, faire la fête ou se reconnecter avec la nature au départ, les esprits se sont vite échauffés avec l’arrivée de l’armée et de la police au cœur de cette jungle. “Personne ne peut quitter le site sauf si vous avez un vol confirmé le lendemain.” Face à des dizaines de scénarios qui changent au jour le jour, un manque de nourriture et d’argent qui commençaient à se faire sentir (“vous devez payer vos repas ou alors effectuer des travaux en échange”), les festivaliers venus du monde entier avaient l’impression d’être délaissés par leur nation. Une page GoFundMe avait même été lancée le 20 mars pour récolter des fonds et tenter d’accélérer le retour en sécurité des festivaliers dans leur propre pays. L’organisateur du festival en personne avait contracté un prêt de 160 000 dollars pour couvrir les frais pendant le confinement. Les ambassades ont ensuite dû prendre le relais.

Si certains voyageurs ont pu rejoindre entre-temps Panama City, la plupart du staff étaient encore sur place 20 jours après la fin des festivités. Pire, le Panama ayant prolongé l’interdiction des vols internationaux jusqu’au 22 mai, des dizaines de festivaliers sont donc encore à ce jour bloquées, confinés et parfois sans argent dans ce paradis fiscal d’Amérique centrale… devenu un enfer.