Richard Cocciante donnera un concert exceptionnel à Liège le 1er décembre

DUBLIN Il a décidé de tirer un trait sur sa carrière de chanteur, de quitter l'Italie qui l'a vu triompher et de poser ses valises à Dublin, pour retrouver le plaisir de mener une vie normale, "où les gens ne passent pas leur temps à vous dire que vous êtes génial ", dit-il. Son talent, aujourd'hui, il le met au service de la composition et de l'écriture. De la mise en scène, aussi. De grands projets qui vont l'emmener à Verone (en juin 2007), puis en Russie et en Chine. Le premier décembre prochain, pourtant, Richard Cocciante sera en Belgique, à Liège, pour un concert exceptionnel au profit de la Sid'Association et des enfants malades du sida, à l'orphelinat de Pattaya, en Thaïlande. "Ce concert, ce n'est pas seulement pour moi. C'est surtout pour faire plaisir à quelqu'un de formidable, le père Giovanni, qui s'occupe de ces enfants ", s'enthousiasme-t-il, à l'autre bout du fil.

Le plaisir de chanter est tout de même encore là ?

"Oui. Mais le plaisir de composer complète ce que j'ai déjà fait dans ma carrière. Faire quelque chose de plus complexe me plaît. Tout comme l'idée de faire découvrir d'autres chanteurs... Pour moi, c'est comme une renaissance. "

Quels ont été vos premiers projets ?

"Juliette et Roméo, qui sera présenté à Verone, en juin 2007. En italien. Et depuis, j'ai déjà travaillé sur deux autres spectacles. L'un en russe pour la Russie, l'autre en chinois pour la Chine ! "

Rentrer jouer à Verone, c'est un retour aux sources ?

"Non, je ne le vois pas comme ça. Ce que j'ai essayé de faire, en composant Notre-Dame de Paris, c'était un mélange d'opéra et d'autres choses. Dans l'expression du drame en musique - l'opéra - il fallait qu'il se passe quelque chose de nouveau. J'ai essayé de marier la musique rock d'aujourd'hui à la musique d'époque. Je ne suis pas du tout nostalgique, j'ai essayé de trouver un langage nouveau. Aujourd'hui, je continue dans cette voix avec Juliette et Roméo..."

Penser que vous allez être joué dans des pays aussi lointains, ça vous réjouit ?

"Petite parenthèse, je suis né au Vietnam ! Vous savez, j'ai déjà vécu cette expérience avec Notre-Dame de Paris. Nous sommes allés jouer dans des pays qui n'ont rien à voir avec notre langue et notre culture. La Chine, Taïwan, la Russie. Au-delà du langage pur et simple, il y a le langage musical et celui de l'émotion."

Votre carrière a été très remplie. Est-ce que vous avez vu le temps passer ?

"Je suis connu comme un chanteur qui n'a jamais été à la mode. Mais qui a toujours été lui-même. C'est une recette pour ne pas vieillir aussi vite. Au début, je me disais que ce n'était pas bien... Le temps a passé, c'est sûr. Et ça me fait bizarre d'entendre aujourd'hui des morceaux comme Le coup de soleil ou Marguerite."

Le concert à Liège sera fait de quoi ? Un voyage dans votre répertoire ?

"D'abord quand je viens en Belgique et surtout à Liège, je me demande dans quelle langue chanter ! C'est l'occasion de mêler les deux carrières, italiennes et françaises. Au-delà de ça, je ferai quelque chose que je n'ai jamais fait jusqu'ici : je vais chanter des extraits de Notre-Dame de Paris. Mais ces chansons sont complètement les miennes. Quand le public italien les a entendues pour la première fois, ils ont dit . Que voulez-vous que ce soit ? Dans le bien comme dans le mal, je suis ce que je suis... Depuis le début de cette aventure, je ne voulais pas empiéter sur la priorité des chanteurs. Je craignais que le public fasse une grosse confusion ."

Au Forum de Liège le 1er décembre. Rés : 04/341.34.13 et 04/3223.18.18



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