Céline Dion était à Anvers mardi soir et était heureuse de retrouver le public belge

ANVERS Dire que Céline Dion était attendue était un euphémisme. Le Sportpaleis tout entier grouillait de monde et transpirait d'attente, les yeux rivés sur la scène centrale, se demandant s'il allait bien voir la chanteuse. Immédiatement, on se rendit compte que Céline, malgré son passage à Las Vegas, n'avait pas réellement changé. Les rangées de chaises posées très près et tout autour de la scène n'étaient même pas séparées par des barrières de sécurité. Preuve que la Canadienne reste accessible et ne rentre pas dans le jeu du star-system. L'Amérique a quand même légèrement déteint sur elle. Bête de scène déjà à la base, Céline a tendance à présent à en faire des tonnes en grimaces et gestuelle, et est accompagnée désormais d'une tripotée de danseurs. Un petit reste de sa collaboration avec Franco Dragone ?

C'est entourée par une dizaine de musiciens et plusieurs choristes, avec la chanson I drove all night, que Céline a lancé la soirée. Enfermée dans un cube formé par des écrans géants, sur lequel venaient de défiler les moments marquants de sa carrière, ce sont d'abord ses jambes interminables qu'Anvers a découvertes. Perchée sur des talons aiguilles, moulée dans une robe fushia bustier et très courte (la première de ses six tenues), le brushing impeccable, la superstar Céline Dion était bel et bien de retour.

Durant une heure et quarante-cinq minutes, elle a donné de la voix. Et quelle voix ! Bien sûr, au rayon de chanteuses qui ont du coffre, ça se bouscule au portillon du paysage musical, mais Anvers a pu constater que c'était toujours elle la reine. Elle est inimitable.

Céline s'est approchée au plus près de ses fans tout au long du spectacle, arpentant la scène de long en large, traversant les passerelles, montées de part et d'autre. L'accueil qu'Anvers lui avait réservé pour sa première prestation l'a laissée sans voix. "Ça m'avait manqué", souriait-elle, se laissant bercer par les applaudissements. Mais son silence n'a pas duré longtemps. Elle a ainsi raconté, en anglais et en français, que sa maman, Thérèse, 81 ans, l'accompagnait à travers le monde sur cette tournée et a remercié la Belgique pour l'avoir accueillie pendant les répétitions de son spectacle américain. "Vous nous avez porté chance", a-t-elle lancé avant de remercier, encore une fois, Dragone.

Elle a gardé de lui l'envie de bouger sur scène et qu'importe si ses déhanchés sont parfois maladroits (en même temps, difficile de danser en minijupe ou avec une cape de trois kilomètres de long !). Une poignée de danseurs divertissait la salle lorsqu'elle était en coulisses pour se changer et l'ont accompagnée sur plusieurs titres. Concernant son répertoire, Céline a vraiment passé sa carrière en revue. Tant en anglais : All by myself, dont le moment a cappella nous a collé des frissons, I'm Alive, River Deep Mountain High, Taking Chances... qu'en français : On ne change pas, Ziggy, Je sais pas, Destin, S'il n'en restait qu'une... La Québécoise a ravi son public, qui a pu chanter avec elle, mais s'est également fait plaisir en reprenant, notamment, The show must go on, de Queen, "l'un des plus grands groupes de l'histoire du rock".

Elle avait également choisi avec soin sa manière de s'effacer. Perchée sur un promontoire, dans une longue robe de soirée, des bougies éparpillées autour d'elle, elle a offert My heart will go on et Pour que tu m'aimes encore. Deux chansons qui ont clairement marqué son histoire... qui n'est, au vu de sa forme, pas près d'être terminée.

En concert en plein air à Arras, à 50 kmde la frontière franco-belge, le 7 juillet prochain. Prix des places : 66 euros. Réservations : 0900/00.600.



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