Si contre toute attente, la Victoire de la musique de l'artiste féminine lui a échappé, elle a reçu celle du concert de l'année.

Angèle n'a pas fait le déplacement à Paris pour rien vendredi soir. Elle est repartie des 35e Victoires de la musique avec un trophée mais ce n'est pas celui auquel tout le monde s'attendait. Grandissime favorite dans la catégorie Artiste féminine, c'est le prix pour le meilleur concert qui lui a été attribué au terme d'une soirée pendant laquelle on a bien cru qu'elle repartirait bredouille.

Après avoir ouvert le bal des prestations live avec un meddley de ses plus grands succès, la jeune Belge a connu une première désillusion lors de l'attribution de la Victoire pour la création audiovisuelle. Celle-ci est revenue au duo français PNL pour le clip de "Au DD" tourné au sommet de la Tour Eiffel. Mais c'est à 22h30 qu'un coup de tonnerre a retenti. C'est le nom de Clara Luciani qui a été cité pour le trophée de l'Artiste féminine. Il est vrai que la Française a également connu une année exceptionnellement riche mais sans commune mesure avec le succès populaire rencontré par Angèle.

Il faudra attendre minuit passé pour que la Bruxelloise monte enfin sur la scène de la Seine musicale pour aller chercher sa Victoire, celle du concert de l'année. Loin de se montrer déçue, elle s'est félicitée de remporter une catégorie pour laquelle elle a beaucoup d'estime, les prestations live étant un lien direct avec son public. Elle a aussi chaleureusement remercié son frère Roméo Elvis qui l'a poussée à fouler les planches et à se produire en concert.

Une cérémonie bien plus conventionnelle qu'annoncé

S'agissant de la cérémonie en tant que telle, on attend encore le décor exceptionnel vanté par France 2 pendant son JT de 20 heures. Très honnêtement, c'est le décor auquel on peut s'attendre pour un événement du genre. Quant à la présentation dévolue non pas à un présentateur ou une présentatrice mais à plusieurs d'entre eux alternativement, il faut avouer que cela n'apporte pas grand-chose. Tout juste évite-t-on les vannes éculées qui plombaient l'ambiance ces dernières années. Quant à la multiplication des extraits des précédentes cérémonies diffusées entre les interventions des uns et des autres, elle a très rapidement lassé, créant de longs tunnels.

Le sacre de Philippe Katerine

Heureusement, Philippe Katerine était de la partie pour mettre un petit grain de folie en ce début de soirée tout aussi formaté que les années précédentes. Dans son costume bleu, affublé d'une écharpe faite de gants de chirurgien gonflés, il est sorti d'une narine d'un nez géant pour interpréter un extrait de son dernier album, "Stone avec toi". Il s'est aussi montré touchant en duo avec Clara Luciani pour rendre hommage à Marie Laforêt, décédée fin de l'an dernier, avec une reprise de "La tendresse". Par contre, son discours de remerciement pour sa Victoire d'Artiste masculin ne restera pas dans les annales. Si le début étant loufoque et donc amusant, la suite s'est avérée interminablement longue...

Mention spéciale en revanche pour la parodie de "Secret d'histoire" proposée par Stéphane Bern. Son "Secret de Victoire" dédié à Florent Pagny a offert un petit grain d'autodérision dans une édition tout ce qu'il y a de plus traditionnelle, contrairement à ce qui était annoncé.

Une Victoire d'honneur surprise

Au rayon des surprises, une neuvième Victoire s'est invitée pendant la cérémonie. Une Victoire d'honneur décernée à Maxime Le Forestier qui a donné l'occasion à Jean-Jacques Goldman de montrer le bout du nez. L'artiste retraité depuis belle lurette n'était pas présent dans la salle mais il s'est adressé à son ami par l'intermédiaire d'un message vidéo.

De son côté, Suzane s'est vue décerner le trophée de la Révélation scène de l'année et Pomme celle de l'Album révélation pour Les Failles. Vitaa et Slimane ont remporté celle de la chanson de l'année avec "Ca va, ça vient".