Musique La cinquième journée du festival hennuyer était placée sous le signe de la solidarité et de l’entraide.

Dour, c’est plein de choses. Dour, décrit dans certains médias, c’est que de la dope et un nid à MST. Dour, c’est une free zone où tout est permis, extravagances et délits.

Mais Dour, c’est aussi beau comme un poulet. Pas celui qui arpente le camping, banane sur le bedon et t-shirt Decathlon sur le torse à la recherche des dealers. Non, celui qui se partage sur un banc. Marine et Manuel l’ont acheté la veille à Mouscron et, vu nos regards sur les cuisses et les pilons, ils nous invitent tranquillou à partager leur repas. Ils insistent même pour qu’on se joigne à leur festin. Les deux, on ne les avait jamais vus. Il y a même peu de chance qu’on les recroise mais Dour, c’est ça. Une fraternité certaine avec des gens de tous bords et de tous milieux qui se fréquentent pendant cinq jours sans que le moindre incident véritablement notable ne vienne semer la discorde. Sans que des bagarres de bourrés viennent ternir le tableau.

Dour, évidemment, c’est aussi de la musique. Et avec huit scènes, l’offre est variée. Tiken Jah Fakoly ou Youssouf laissent présager une journée chill et pétards sur la Last Arena. Mais c’est sans compter sur The Bohicas ou The Strypes. Les premiers sont anglais, vont bientôt sortir un album et savent manier une guitare. Deux Blacks , deux Blancs et des refrains qui fonctionnent. Il reste juste cette voix qui manque de tonus.

Les deuxièmes sont irlandais, sont des gamins de vingt ans qui aiment bastonner avec leurs guitares. C’est efficace, prenant mais on sent que pour la plaine les jambes se font un peu lourdes pour ce cinquième jour.

La Muerte, devant un parterre à désespérer du futur du rock, a allégé les guiboles des festivaliers qui n’ont pu qu’apprécier le show proposé par Marc Du Marais et ses potes. Encagoulé, le chanteur a arpenté la scène comme un mort de faim, démontrant que le groupe fondé en 1983 avait encore la pêche.

Sur la Last Arena, en même temps, Santigold proposait un show très visuel. Avec son nœud pap sur la tête (probablement un hommage au local Di Rupo), l’Américaine a fait le taf devant une plaine bourrée à craquer. De quoi patienter avant l’arrivée de Snoop Dogg. Et des contrôles de flics sur scène ? Là, pour le coup, on se marre encore…


Spagguetta Orghasmond, le délire à l’italienne

Le trio hennuyer prône l’amour, et pas seulement à Charleroi

Michaël Sacchi (alias Mika Hell) et Nico (le batteur) le cherchent probablement encore : Thomas a disparu. Évaporé entre deux scènes, il est introuvable.

Faut dire que les deux qu’on arrive à choper ne sont pas tout seuls dans leur tête. Sur scène, déjà, les mecs ne sont pas droits. Déguisés style mafioso sixties, leur concert ressemble à du grand n’importe quoi. Mais du grand n’importe quoi qui éclate bien un public devant les facéties des trois lascars. L’un joue au golf, balançant des balles dans le public, ou se renverse de la bière sur la tête avant d’ingurgiter ce qu’il reste, brandit le drapeau italien, l’autre tape ses congas et le troisième - le maestro - reste derrière son synthé un peu halluciné.

Promis, ils n’ont rien pris. Un peu de pinard et beaucoup de bières sur scène. Et deux-trois trucs après.

N’empêche, L’amour à Charleroi , au gimmick harcelant,, fonctionne d’enfer et y en avait plus d’un à le siffloter après, backstage.

"On prône l’amour. Pas le sexe" , explique un Mika qui ne se souviendra peut-être pas de nous avoir parlé. "L’amour partout."

Nico , le percussionniste, est, lui, dans les bras de sa manager qui ne lâche pas.

"Spaguetta, c’est de l’impro. Parce qu’on ne répète pas. Thomas amène la mélodie, moi le chant. Il faut que ce soit évolutif. On n’a pas un truc carré. C’est du disco, de la pop, de la variété, de la chanson italienne. On aimerait remettre au goût du jour la variété italienne des années 50-60. De petites chansons d’amour. Des slows, des trucs langoureux. On veut qu’il y ait un truc qui se passe dans le public. Chaque concert doit être une performance."

Les mecs ont deux 45 tours . "À la base, on devait faire une perfo pour un marché de Noël, puis ça a pris."

Au pied du sapin, certains ont dû bien triper