Brutalement mise à l’arrêt, l’industrie musicale tente de garder le nez hors de l’eau. Les artistes belges ont besoin de vous pour survivre.

Après les annulations et les reports, voici venu le temps des nouvelles initiatives pour se rincer les oreilles avec de la nouvelle musique, si d’aventure vous avez déjà épuisé toute celle que vous aviez chez vous. Une façon aussi d’aider les artistes dont les revenus se sont brutalement évaporés puisqu’ils ne peuvent plus se produire en concert et que les disquaires ont été obligés de fermer.

C’est tout le sens de la campagne #PlayLocal lancée par une série d’acteurs de la musique comme la Sabam, l’Ultratop, les Francofolies de Spa, la Belgian Independent Music Association (BIMA), les Majors et d’autres. Leur constat est simple : “la situation actuelle affecte gravement l’écosystème de l’industrie musicale. Écoutez de la musique belge. Vous avez le temps pour cela, la musique vous rend heureux et vous soutenez les artistes grâce à elle”. Bref, écoutez nos talents, faites les écouter à votre entourage (sans enfreindre les mesures de sécurité !) et diffusez-les, ils vous le rendront certainement une fois tout ce qui nous arrive terminé.

Le communiqué de la campagne #PlayLocal se termine par un vœu : si le 22 mars 2016, jours des terribles attentats qui ont frappé Bruxelles, la chanson "Imagine" de John Lennon est devenue la BO de consolation, faites que le disque de la quarantaine soit l’un des nôtres. “Parce que nous avons une sacrée bonne musique”.

Sur les ondes aussi

L’appel ne concerne pas que le public. Il concerne aussi aux radios qui se sont vues adresser une lettre ouverte soutenue par des professionnels du secteur, qu’il s’agisse de labels indés, de managers, d’organisateurs de tournées, etc. Ils lancent un appel à la solidarité aux programmateurs pour qu’ils programment plus d’artistes indépendants et surtout à des heures de grande écoute car seules celles-ci permettent de générer suffisamment de droits d’auteurs qui leur sont reversés.


Il est vrai que privés de tous leurs circuits, les musiciens indépendants sont nettement plus impactés par la crise actuelle que les ténors comme Angèle, Roméo Elvis, Damso, etc. Et pour eux, l’heure de la reprise risque encore d’être difficile. Seront-ils à nouveau programmés dans les salles où ils se produisent habituellement si celles-ci, également frappées économiquement, s’ouvrent d’abord aux artistes un peu plus connus qui assureront de faire le plein ?

DH Radio en première ligne

DH Radio s’inscrit pleinement dans cette démarche mais n’a pas attendu le confinement pour mettre en avant ces talents de chez nous. Depuis plus quatre ans, la station programme chaque semaine L’artiste belge de la semaine, une séquence qui invite les auditeurs à découvrir une voix, un univers musical estampillé Fédération Wallonie-Bruxelles, à travers une interview mais aussi en diffusant des titres dans sa programmation.

Au total, chaque année, c’est une quarantaine d’artistes qui bénéficient de ce coup de projecteur. “Il s’agit parfois de gens très connus ou qui ont déjà une carrière, mais le plus souvent, ce sont des personnes qui n’ont pas un passé musical très riche”, explique Philippe Deraymaeker, directeur opérationnel de DH Radio.

© DEMOULIN BERNARD

Olivier Faran, en charge de la programmation, dégaine des noms : le déjanté Sébastien Graux, l’auteur-compositeur-guitariste-beat maker-ingénieur du son Leo Fifty Five ou encore Sarina qui s’invite désormais aussi sur d’autres ondes. “Et la semaine prochaine, nous ferons découvrir un groupe qui s’appelle Lo Pepes. C’est une formation typiquement de scène, très festive, mais que nous jugeons intéressante à faire découvrir, précise-t-il. Nous ne nous limitons pas à Angèle, à Loïc Nottet et à Mustii, même si on les aime beaucoup aussi.”



Philippe Deraymaeker ajoute un chiffre qui en dit long. Il concerne les quotas de musique issue de la Fédération Wallonie-Bruxelles que chaque radio est tenue de respecter. “Ces quotas sont actuellement de 6 % alors qu’ils étaient de 4,5 % précédemment. Nous, nous faisons quasiment le double. Entre 11 et 12 % toute l’année.”