Annie Cordy sera partout cet été !

Envoyée spéciale en France Isabelle Monnart

LILLE Dans la troisième saison du spectacle Âge tendre et tête de bois, c'est sûr, elle fait partie des artistes les plus attendus. Ce n'est pas par hasard, d'ailleurs, si elle monte sur scène à la fin de la première partie. C'est que pour mettre de l'ambiance, elle s'y entend, Annie Cordy. À 80 ans - qu'elle a fêtés hier -, notre compatriote tient toujours une forme éblouissante et en remontre à ses camarades de scène !

Cet été, promis juré, elle va se reposer. Mais pas tout de suite, car avant de goûter aux joies du farniente , Annie va entamer son xième tour de France. Ce dont elle se réjouit, la mine gourmande. "J'ai commencé une tournée le 31 mai. La tournée du RC Lens. Ils font ça tous les ans : des podiums en plein air pendant les mois de juin et juillet. Je ne vais prendre que quelques jours de repos. "

Et si elle a accepté, pendant quelques mois, de mettre sa carrière solo entre parenthèses pour faire partie de l'aventure collective d'Âge tendre, c'est par pur esprit d'amusement et d'aventure. "Tous ces jeunes godelureaux, là, je les connaissais évidemment ", dit-elle. "Mais je ne les avais jamais vus, parce que je n'ai jamais cessé de travailler. Là, c'était l'occasion de partager quelque chose. Je connaissais Richard Anthony et Marcel Amont, évidemment... "

"Profitez de la vie"

Au moment de l'entracte, lorsque se referme sur elle le rideau rouge, Annie lance à la foule "Profitez, profitez, profitez." Quelques minutes plus tard, à peine, elle s'en explique. "Profitez de la vie, profitez de tous les moments, profitez des gens que vous n'avez pas vu depuis longtemps, avec qui vous pouvez partager des choses, bien sûr que c'est mon mot d'ordre. Je vois autour de moi des gens qui perdent leur mari ou leur femme. Je leur dis, toujours, que dorénavant, il faut penser à ceux qui restent. On ne peut plus rien pour ceux qui sont partis, on ne peut pas les rattraper. On a du chagrin, c'est vrai, mais il faut profiter des autres. "

Si Annie dit ceci de la plus sérieuse et émouvante des manières, l'instant d'après, comme pour chasser quelque idée sombre, elle poursuit en riant : "C'est mon producteur, que j'appelle L'esclavagiste, qui m'a amenée sur cette tournée. Mais je passe de l'un à l'autre : j'ai aussi mon spectacle Que du bonheur, où je suis sur scène avec mes cinq musiciens pendant une heure trente. Je fais également toutes les mairies de Paris. Il m'en reste 17 à faire ! Ce sont des concerts de 40 minutes, initiés par les maires. Quelquefois, ce sont de toutes petites salles ! Dans le 2e arrondissement, je chantais dans la salle du tribunal. Ils avaient oublié d'enlever le pupitre du juge. J'avais devant moi ce truc où on jure de dire toute la vérité, rien que la vérité ! Mais ça m'amuse... "

Jamais ringarde - la preuve, MC Solaar a chanté avec elle Tata Yoyo et, aux Francofolies de Spa, elle avait livré un duo explosif avec Marka - Nini la chance explique ce tour de force par une pirouette : "Je n'ai jamais été démodée, parce que je n'ai jamais été à la mode ", rit-elle. "Et puis, j'ai eu cette grande chance que les sixties ne m'ont pas touchée du tout : je faisais des spectacles avec Luis Mariano, une opérette, du cinéma. J'ai échappé à tout. Et puis, il faut bien dire - et sans me jeter des fleurs - qu'une femme qui joue la comédie, qui chante, qui danse et qui fait rire, il n'y en avait pas des tonnes ."

Après un passage au théâtre avec Lily et Lily, en septembre 2009, Annie Cordy va retrouver les planches. "Ce sera mis en scène par Francis Perrin. Une pièce à un personnage, mais qui n'est pas un one-woman-show, ce sera du théâtre. J'y tenais. Parce que ça permet des choses drôles, d'autres moins, des choses qui prennent au coeur. Pour moi, un spectacle sans tendresse, ça n'existe pas. Voyez ce tour de chant, là, c'est qu'il n'y a pas un moment un peu plus émouvant. Mais on n'est pas là pour ça... "



© La Dernière Heure 2008