Il avait envie d’un album solaire, sans complexes, comme un nouveau départ.

C’était juste avant les vacances. Ce moment rare du lâcher prise, où l’on a déjà l’esprit un peu ailleurs, la main sur la poignée de la valise. Mais avant de partir, Emmanuel Moire tenait à partager quelques instants avec quelques journalistes. Histoire de mettre en boîte quelques interviews, de parler, déjà, de son nouvel album et, partant, d’alléger un peu sa rentrée. Conversation avec un artiste détendu à quelques jours de la grande bleue.

Le titre de l’album, c’est La rencontre. Forcément, on a envie de vous demander Avec qui ?

"Je ne vais pas y couper, à cette question. C’est plus large que ça ! Contrairement aux autres disques, même si j’y mets beaucoup de moi, c’est un album qui est aussi fédérateur et qui parle des rencontres. Ça peut être amoureux, amical, avec le public. J’avais envie de parler de l’impact que les gens peuvent avoir quand ils rentrent dans nos vies. Je trouve ça assez fascinant de penser que je vais peut-être rencontrer demain quelqu’un qui va me faire avancer spirituellement, professionnellement, humainement. Donc, ça parle de toutes ces formes de rencontres."

Comment vous sentez-vous, face à ce nouveau bébé ? Excité, impatient, un peu inquiet ?

"Effectivement, il y a toujours un peu de tout ça. Je suis surtout très fier de ce disque, parce que j’ai pris le temps de le faire, de le travailler, d’avoir des moments de respiration et de ne pas enchaîner tout de suite une promo. Et puis, c’est un album qui est, pour moi, très différent du précédent. Pas forcément dans la musique, mais dans le propos, dans ce qu’il dégage, ce qu’il défend. Ça fait du bien d’avoir un album plus solaire. Ce n’est pas que je n’ai pas aimé l’ancien, mais j’avais envie d’aller vers la lumière. Mais après, on ne sait jamais comment les gens vont recevoir le travail. J’ai essayé de faire le mieux possible… Mais c’est une remise à zéro, un nouveau départ à chaque fois. Cela dit, ça n’empêche pas de dormir non plus. Je suis beaucoup plus excité à l’idée d’avoir un nouveau disque que perturbé par…"

Vous vous êtes entouré des mêmes personnes, pour cet album ? De disque en disque, vous avez besoin de vous sentir entouré, en confiance ?

"Ouais, je suis plutôt quelqu’un de fidèle, dans le travail. Si j’aime autant les gens et la manière dont on bosse, je ne vois pas pourquoi je changerai. L’idée, c’est de tirer les choses vers le haut, de faire mieux. On peut le faire avec des gens qu’on connaît… Je me sens en confiance quand je suis entouré de l’équipe avec laquelle j’ai grandi pendant toutes ces années. Notamment Yann Guillon qui a écrit tous les textes, encore une fois. Moi, j’ai fait les musiques. C’est le quatrième disque qu’on fait ensemble. Je pourrais travailler avec d’autres auteurs - j’ai essayé - mais je n’atteins pas cette dimension que j’ai trouvée avec Yann. C’est mon meilleur ami depuis des années… Ce n’est pas forcément facile à gérer au quotidien parce que dans le travail, je suis leader et parfois, il faut savoir mettre les formes."

Est-ce que c’est plus facile de raconter des choses de soi, quand on écrit avec son meilleur ami ?

"Oui, c’est plus simple. Surtout que j’ai le luxe de le faire avec quelqu’un qui ne travaille que pour moi. Il me connaît par cœur. Les gens pensent que j’écris mes textes parce qu’ils sont très personnels, profonds, alors que c’est Yann qui les écrit. C’est le meilleur compliment qu’on puisse lui faire, je crois. En tout cas, c’est plus facile pour moi. Il sait les mots que j’aime, les thématiques humaines qui m’intéressent. C’est un gain de temps énorme."

Emmanuel Moire, La rencontre, Universal