Musique Foals est de retour, six mois après la sortie d’Everything Not Saved Will Be Lost, Part I, et complète son diptyque annoncé avec Part II.

Yannis Philippakis est bougon, ronchon, presque désagréable. En un regard, il transcende l’art du flegme britannique, et communique avec une merveilleuse efficacité toute la lassitude que génère en lui l’inévitable devoir de promotion. Après une dizaine de minutes, on en vient même à se demander si la barbe fournie qui masque une partie du visage du chanteur et guitariste de Foals ne cache pas une moue acquise de naissance, dont il ne se départirait que sur scène, ou chez lui à Oxford, loin des regards indiscrets.

Cette attitude est d’autant plus intrigante, qu’elle contraste radicalement avec l’univers d’un quintet, qui s’est imposé comme le groupe de rock le plus exaltant de sa génération, à coups d’albums festifs et de prestations scéniques survoltées. Né en 2008 au beau milieu d’une Grande-Bretagne livrée en pâture aux derniers râles d’un Brit Rock de moins en moins créatif, Foals a gratifié les sujets de Sa Majesté d’un renouveau salvateur. Un second souffle porté par des basses dansantes, des claviers enivrants, un jeu de guitare dominant, et une identité sonore repensée tous les deux ans, pour chaque nouvelle production.

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