L’icône reviendra sur scène à Bruxelles le 23 avril, 20 ans après son dernier concert…

En novembre 1996, France Gall donnait ses derniers concerts sur le sol belge. À quelques jours près, elle effectuait tout simplement les ultimes représentations de sa carrière, stoppée finalement l’année suivante.

20 ans plus tard, l’iconique France, qui a longtemps détenu des records d’affluence à ses spectacles, sera pourtant de retour sur une scène belge. Ou tout du moins, elle ne s’en tiendra pas bien loin. La muse de Michel Berger, conceptrice de ce Résiste, saluera en tout cas le public belge, samedi 23 avril, venu applaudir sa comédie musicale au Palais 12 du Heysel. Comme lors des premières dates de Résiste - au Palais des sports de Paris, l’année dernière -, France Gall couvera du regard, à la fois discret, attentif et exigeant, ses poulains. Ces chanteurs d’une nouvelle génération qui portent haut et fort toutes les couleurs de la musique de Michel Berger.

Elle ne prendra probablement pas le micro (la dernière fois qu’elle a chanté furtivement sur scène, c’était pour un duo avec Johnny Hallyday en 2000). Mais elle recevra très certainement, au moment des saluts, une salve d’applaudissements et une vague d’amour comme si elle venait de livrer une de ses historiques performances.

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Les belles surprises de France

Le 23 avril, la troupe de Résiste, le spectacle qui revisite une partie du répertoire de Gall et Berger, sera au Palais 12. À ne pas manquer !

Au bout d’autant de représentations de Résiste, ils ont appris à bien se connaître. Tant et si bien que les jeunes, beaux et talentueux Léa Deleau (Maggie) et Gwendal Marimoutou (Tennessee), s’amusent aujourd’hui à répondre l’un pour l’autre. D’elle, le bouillonnant jeune homme sait "qu’elle a été bercée dans le répertoire Gall/Berger depuis toute petite. Si maman si , ça a toujours été une chanson qui l’a touchée…" À son contraire, lui, "ce répertoire n’était pas trop sa culture. Il écoutait plus du reggae", sourit Léa. Et même si aucun des deux n’était réellement éveillé musicalement quand France Gall a stoppé sa carrière (en 1997), ils se sont rapidement rendu compte que ces chansons-là "font partie de l’inconscient collectif. Quand j’ai dû commencer à apprendre les chansons, j’ai réalisé qu’en fait je les connaissais déjà par cœur", nous dit Gwendal. "Au final, si on pense les connaître ces chansons, c’est très, très dur d’être à la hauteur".

Votre arrivée, à chacun, dans le projet, est bien différente. Gwendal, vous avez suivi le chemin classique des castings. Léa, on est carrément venu vous trouver !

Léa : "On m’avait dit que c’était pour le rôle principal, d’une comédie musicale qui reprenait les tubes de France Gall et Michel Berger. Au tout début, je ne savais même pas que c’était France Gall qui préparait le projet. Je ne me souviens pas si on savait même que France serait au casting."

Gwendal : "Au 2e tour du casting, j’ai chanté Évidemment. Et quelque chose s’est passé avec cette chanson. J’ai entendu, dans le fond, dans le noir, France dire doucement : ‘Lui, j’adore ! ’"

Vous étiez très attendue, vous, Léa, paraît-il, car France n’arrivait pas à trouver sa Maggie…

Léa : "Oui, elle m’a accueillie très chaleureusement. Et en fait, j’étais la dernière, toute dernière à passer le casting. J’étais en finale sans avoir passé aucun tour avant ! Je n’avais tellement pas d’expérience que je me suis dit : ‘C’est un essai, je n’ai rien à perdre. Je ne jouais pas ma vie…’ Alors que si, en fait ! Mais je ne voulais pas me l’avouer !" (rires)

Gwendal : "Ils ont auditionné toutes les blondes de Paris et même celles qui n’étaient pas blondes pour trouver leur Maggie ! Ils cherchaient plus que de l’expérience, ils cherchaient le personnage."

La ressemblance entre vous, en Maggie, et France Gall devait être une évidence aussi…

Léa : "Je l’ai compris quand on m’a fait la frange ! (Rire) Quand on est venu me chercher aussi, on m’a clairement fait comprendre qu’il y avait une ressemblance entre moi et France quand elle était jeune."

Quand on embarque dans une comédie musicale, on a peur d’échec, même s’il y a France Gall derrière ?

Léa : "Oui, du début à la première ! On ne se rend pas compte de ce à quoi ça va ressembler. ll y a tellement d’effets visuels…"

Gwendal : "Ce n’était pas la peur de la comédie musicale, mais des spectacles musicaux. Qu’on dise : ‘Ça chante, mais ça joue. Ou bien : il y a de beaux décors mais l’histoire est naze.’ Il y a des antis ! Et puis, il y avait la crainte de décevoir le public de France Gall et Michel Berger. On a commencé à jouer à guichets fermés. Mais on n’est ni France ni Michel."

France Gall continue de vous donner des conseils lors des représentations ?

Léa : "Elle nous donnait des directives au début quand le spectacle se rôdait encore. Là, j’ai l’impression qu’elle laisse le spectacle vivre. Je pense qu’elle trouverait toujours des choses à nous dire, mais elle ne peut pas lutter contre nos personnalités ! (Sourire) On s’approprie les choses. Mais encore maintenant, quand je sais qu’elle nous regarde, je ne suis pas complètement sereine, je repense à ses conseils."

Gwendal : "Pendant qu’on préparait le spectacle, elle était là tout le temps. Ça faisait 10 ans qu’elle préparait ça ! Elle avait même étudié tous nos looks. Elle avait le final cut sur tout. Elle était là à toutes les répétitions, elle prenait des notes tout le temps ! Il y a un vrai respect vis-à-vis d’elle. France est tellement gentille et touchante qu’on a envie qu’elle soit fière de nous ! Mais on ne doit pas dire qu’elle est un peu comme notre seconde maman… alors que c’est ça !" (Rire)


--> Résiste, le 23 avril, deux représentations (15 h et 20 h) : 0900:00.456 et www.c-live.be