Après 45 ans de carrière, le crooner belge n’a rien perdu de sa superbe et continue de soigner sa relation particulière avec ses fans. Nous sommes partis à leur rencontre.

Pour un nombre considérable et insoupçonné de personnes, l’annonce d’un nouvel album de Frank Michael fait toujours sensation. Le chanteur belge d’origine italienne a vendu près de 15 millions d’albums à travers le monde depuis ses débuts en 1974. Ses chansons d’amour et ses mélodies romantiques séduisent, surtout auprès du public senior. A l’occasion de la sortie de son tout dernier opus "Le Grand Amour" paru ce vendredi, un showcase était organisé afin de présenter quelques extraits en avant-première. A l’arrière de la salle des fêtes de Houdeng-Goegnies dans le Hainaut, une trentaine de fans tirés au sort s’impatientent. Même si la plupart ont déjà vu leur idole à maintes reprises, le voir sur scène procure toujours autant d’excitation et d’extase. On ne va pas se mentir, la moyenne d’âge du public flirte avec les 70 ans dans la salle. Pour autant, on est loin d’une ambiance de maison de repos. Les personnes présentes se sont mises sur leur 31, se remémorent gaiement des souvenirs de concert avec leurs voisins de tablées et préparent déjà leur smartphone ou tablette pour garder une trace de cette expérience.


Un remède contre les coups de blues

Thérèse et Alain, venus tout droit de Seine-et-Marne en France, partagent la même passion pour Frank Michael, à tel point qu’ils ont même consacré toute une pièce de leur maison au chanteur. Pour l’occasion, ils portent chacun des badges sur leur chemise où l’on peut apercevoir la tête de l’artiste et la notion de "super fan". Dans son portefeuille en cuir noir, Alain garde toujours précieusement une photo de lui, de sa femme et de sa vedette préférée en premier plan. "On connaît Frank depuis 1984. Pour nous, c'est un chanteur merveilleux, c'est quelqu'un de simple. Simple comme nous. Il nous ressemble", explique Thérèse. Son mari va même plus loin en déclarant que c’est le frère qu’il n’a pas eu. "Pour vous dire sa gentillesse, après que je me sois fait opérer, ma femme s'est beaucoup occupée de moi. J'ai écrit à Frank en lui disant que je ne savais pas comment la remercier. Il lui a alors envoyé une photo dédicacée avec écrit 'pour Thérèse, grosses bises, Frank'", se souvient ce dernier. "On vient de fêter nos 54 ans de mariage il y a quelques jours, c'est un merveilleux cadeau que d'être ici", se réjouit Thérèse.

Dans le public, tous mentionnent le fait que la musique de Frank Michael permet de chasser le blues et les coups de cafard. Certains personnes assurent même qu’écouter ses chansons permet de les garder en bonne santé. Un remède contre la grisaille du quotidien, la solitude, l’isolement, qui vaut tous les médicaments du monde. On en vient même à penser que ce service devrait être remboursées par la Sécu ! "Cela remet du baume au coeur", explique une fan qui a préparé un beau bouquet de roses qu’elle cache pour le moment sous la table. L’amour du chanteur a également permis à beaucoup de personnes de se rencontrer, les aficionados se croisent régulièrement aux différents concerts et de là se sont créées de nombreuses amitiés. Tous apprécient sa simplicité et sa gentillesse. Leur admiration se transmet également de génération en génération. "Même les petits à la maison qui ont 4 ans ils chantent du Frank Michael ! On a déjà amené nos petits enfants aux concerts", assure Sylvie, 56 ans. Même cas de figure pour Francine venu du Pas-de-Calais qui a amené plusieurs fois sa petite fille de 12 ans à ses représentations. Dans une enveloppe, elle a rassemblé de nombreuses photos prises au fil des années. La première date de 1997, où l’on aperçoit Frank Michael la prendre par la taille. Son adoration pour le chanteur ne l’a jamais quitté.

A la manière de Patrick Sébastien

Carine, elle, n'est pas une fan du Frank Michael. Pourtant, elle est présente à chacun de ses concerts. "Je conduis ma maman qui a 82 ans. Pendant qu'elle regarde les concerts, j'ai pris l'habitude de tricoter. Elle va bientôt aller à Paris, mais en bus cette fois! J'essaie de faire mon maximum pour elle, c'est ça mon bonheur, qu'elle soit heureuse et qu'elle ait quelque chose pour elle. Elle profite de sa vie en allant à ses concerts." Avec le temps, elle a appris à apprécier sa musique et l'écoute même dans sa voiture. Monique, venue de Lille, est la députée régionale du fan club. "Je le suis depuis 89. Je l'ai vu partout en Belgique, en Suisse, j'ai fait les croisières avec ma copine qui est décédée il y a deux ans". Elle se sent proche d'elle en venant le voir. "On en a fait des galas et des galères, comme il dit Frank!", plaisante-t-elle.

Le concert commence par l’un de ses derniers titres "Il faut y croire" avant d’enchaîner sur sa chanson "Liberté", également extraite du nouvel album. Pendant "Le temps qu’il nous reste", Alain et Thérèse se tiennent la main par dessus la table, émus, touchés par cette interprétation. "Entre larmes et sourires" et son tube "Toutes les femmes sont belles" parviendront à mettre debout le public. Les cannes sont laissées de côté, les foulards sont de sortis pour éponger le front de leur idole et les faire tournoyer sur le rythme de la musique, à l’image des serviettes de Patrick Sébastien. La magie parfumée à l’eau de rose de Frank Michael a encore opéré.