Les années 70 ont vu le public se gondoler devant les films des Charlots et leur série des Bidasses. Jean-Guy Fechner, Jean Sarrus, Gérard Rinaldi et Gérard Filipelli, alias Phil, allaient signer quelques grandes comédies made in France. Pourtant, tout a commencé en 1965 où, ouvreur de rideaux au cinéma Rex à Paris, Filipelli suit Sarrus et Rinaldi pour leur donner un coup de main comme régisseur du groupe qu’ils viennent de fonder : Les Problèmes. Dans ce groupe de studio, figure encore Luis Rego notamment.

En première partie des Rolling Stones

Ils commencent par accompagner Pascal Danel et Antoine et avec ce dernier, partent en tournée, Phil à la guitare solo où ils assureront les premières parties de Françoise Hardy, Johnny ou encore Claude François. Le magazine américain Rolling Stone les bombarde meilleur groupe de studio français ! Un peu plus tard, ce sont bien les Rolling Stones dont ils assureront la première partie. Ils sont les seuls Français, avec Téléphone, à avoir droit à cet honneur. Un destin improbable qu'évoquait Jean-Guy Fechner dans la DH il y a quelques années: "On a joué avec beaucoup d’artistes de l’époque, chacun de notre côté. On a accompagné Dick Rivers, Françoise Hardy, plein de gens. Un jour, on a rencontré Antoine, qui était le rebelle de l’époque. On est partis en tournée ensemble. Puis on a fait la première partie des Rolling Stones. Je me souviens très bien du coup de téléphone. On m’a dit Jean, fais tes bagages, tu vas tourner avec les Stones. On m’aurait dit Rika Zaraï, ça m’aurait fait le même effet. On était prêts. Aujourd’hui, ça serait complètement différent. D’ailleurs, ça ne serait pas possible"


Sous le nom des Charlots, ils vont connaître leurs plus grands succès musicaux, reprenant des chansons d’avant-guerre et de comiques troupiers (J’irai revoir ma Normandie, Cache ton piano, Ah ! les fraises et les framboises, Sur la route de Pen’zac) ou encore de Boris Vian (On n’est pas là pour se faire engueuler), signant encore des chansons originales (Paulette la reine des Paupiettes, Le Chou farci ou Merci Patron) ou des parodies (Hey Max, Sois érotique, Chagrin d’labour, L’apérobic) ou encore grivoises (Histoire merveilleuse ou encore Ah ! Viens ! en duo avec Nicole Croisille).


Louis De Funès, Bernard Blier et John Wayne

Philippe Clair les fera tourner La Grande Java en 1970 avant que Claude Zidi ne les prenne dans son premier film en tant que réalisateur : Les Bidasses en folie, succès immense suivi par Les Fous du Stade ou encore Le Grand Bazar. Des projets avec Louis De Funès et Bernard Blier étaient aussi sur la table mais ils ont capoté, Jean-Guy Fechner nous avait expliqué pourquoi. "Mon frère, Christian Fechner, était le producteur des Charlots dans le disque, d’abord, puis aussi au cinéma. Il y a eu une rupture entre les Charlots et lui et je suis resté de son côté. À ce moment-là, un film qui devait s’appeler Merci patron était prévu avec De Funès et il ne s’est pas fait." À la place, De Funès a tourné L'aile ou la cuisse, avec Coluche. "Pour les mêmes raisons, comme mon frère était assez revanchard, le film avec Blier ne s’est pas fait. Et on avait un projet avec John Wayne. Non, je ne plaisante pas. Au moment de la rupture, il y avait un projet. On a reçu un coup de fil pour dire que John Wayne était d’accord ! C’aurait été son dernier western."


Les Charlots, sans Gérard Rinaldi, tourneront un dernier film en 1992 avant de se séparer en 1997. Le 2 mars 2012, Gérard Rinaldi décède des suites d’un cancer. Phil l’a rejoint hier. Avec Jean Sarrus, il est le seul à avoir joué dans tous les films des Charlots.