Moment magique, jeudi soir au Palais 12, où le célèbre compositeur de musiques de film y a orchestré un concert de Gladiateur.

Quand on dit que la musique est indissociable d’un film, on ne peut que confirmer en sortant du concert d’un compositeur comme Hans Zimmer. Le virtuose américain -mais d’origine allemande- fait partie, au même titre que John Williams (Star Wars), Danny Elfman (les films de Tim Burton) ou encore et le maestro Ennio Morricone (les westerns spaghettis), des légendes vivantes de la musique de film (soundtrack en anglais).

Des chefs d’orchestre -avec un choeur symphonique- capable de vous replonger -souvent même sans images dudit film en question- au coeur de l’atmosphère du septième art.

Jeudi soir, 11 500 personnes étaient venues applaudir le maestro, à Bruxelles. Cet autodidacte a d’abord connu le succès à la fin des années 70 au sein du groupe The Buggles (le célèbre Video killed the radio star). « Depuis, la combinaison des images et de la musique était devenue une seconde nature pour moi », nous confessait, il y a 5 ans lors du Festival du film de Gand, celui qui est arrivé par accident dans le cinéma. Trente ans plus tard, sa filmographie est considérable : de Rain Main à Inception en passant par Pirates des Caraïbes, Sherlock Holmes, Driving Miss Daisy, Madagascar, Da Vinci Code, Man On Steel, Spiderman et on en passe. « La musique est un personnage à part entière d’un film. Ils sont complémentaires. »

Une scène imposante

En effet, doublé d’une scénographie conçue par Marc Brickman (Pink Floyd, Cirque du Soleil), le concert était autant une expérience musicale que visuelle avec son rideau en forme d’écran et un orchestre de plus de 100 musiciens et choristes. Si à Londres, il avait fait appel à Pharrell Williams pour interpréter Mombasa d’Inception, à Bruxelles, Hans Zimmer était accompagné de Lebo M -la voix légendaire du Roi Lion- et de Mike Einzinger, guitariste du groupe Incubus. Pour une musique qui prend aux tripes à chaque note. Mention spéciale lors de son hommage au regretté Heath Ledger, l’effrayant Joker dans la trilogie de Batman, The Dark Knight. Entre ses différents medley ou son chef d’oeuvre La Ligne Rouge qu’il a composé « en me disputant avec le réalisateur Terrence Malick », Hans Zimmer ne manquait pas d’humour pour raconter ses incroyables histoires derrière les soundtracks. « Gladiator, au départ, je devais aller trois jours sur le tournage de Ridley Scott et j’y suis finalement resté trois mois (sourires) !»

C’est pour toutes ces raisons qu’à 58 ans, et pour la première fois de sa prolifique carrière, que le mythique compositeur oscarisé (pour Le Roi Lion) a décidé de partir en tournée mondiale. « Comme Simba, j’ai perdu mon père jeune, quand j’avais 6 ans, raconte celui qui s’est rendu plusieurs fois en Afrique pour s’imprégner de son ambiance. Je l’ai donc composé un peu par accident. Ce fut un énorme travail sur moi-même car je ne suis jamais satisfait lorsque j’écris sur mon propre chaos. » Hans Zimmer a pourtant mis Bruxeles K.O. avec ce titre qui a fait rugir le Palais 12 et qui a fait de lui le roi (Lion) du soundtrack. 


Note: Hans Zimmer reviendra pour trois dates à la Rockhal du Luxembourg les 21, 22 et 23 mai prochain. Infos et tickets: 070/660. 601 (www.ticketmaster.be) ou via mbpresents.be.