C’est peu après minuit que Gilles Ledure et les membres du jury sont revenus sur la scène de Bozar pour annoncer le palmarès. Et, comme on pouvait l’attendre et l’espérer, la victoire de la Coréenne Hayoung Choi, qui avait fasciné et séduit mercredi en osant le concerto de Lutoslawski. Une victoire incontestable et mille fois méritée de l’intelligence (du choix), de la virtuosité mais aussi de l’expressivité.

Derrière elle, les deux accessits reviennent aux candidats qui ont joué le premier concerto de Chostakovitch. L’argent revient au Chinois Yibai Chen, qu’on venait d’entendre une heure plus tôt, un candidat de vingt ans pour lequel, selon la formule consacrée, la valeur n’attend pas le nombre des années. Et le bronze à l’Estonien Marcel Kits, un choix peut-être plus surprenant mais assurément mérité.

Le quatrième prix va à Oleksiy Shadrin, qui avait si bien traduit tout le drame de son pays avec la symphonie concertante de Prokofiev, le cinquième au Serbe Petar Pejcic qui nous avait livré lundi un hallucinant et halluciné deuxième concerto de Chostakovitch, et le sixième au Canadien Brian Cheng, qui avait joué Dvorak avec tant de flamme.

L’ordre des six autres lauréats – dont la Belge Stéphanie Huang – n’est, selon la coutume, pas connu, mais on aura compris que le jury de cette session 2022 a privilégié l’expressivité et l’émotion.