Henri Pfr, le prometteur dj bruxellois, est nommé aux D6bels Music Awards, les Victoires de la musique belges. Rencontre.

Dans une soirée où l’on croisera des nommés comme Loic Nottet (2 fois), Alice on the roof (4 fois), Puggy (7 fois), Mustii (6 fois) mais aussi Typh Barrow (2 fois), André Brasseur et Saule (chacun nommé une fois), cette deuxième édition des D6bels Music Awards - présentée par Joëlle Scoriels - offre une place de choix à nos stars noires, jaunes et rouges des platines. De Kid Noize (nommés 6 fois) à Lost Frequencies (3 fois), en passant par Alex Germys (2 fois) et donc Henri Pfr.

"Je regrette déjà un peu ce nom de scène car les gens se trompent souvent, confesse le jeune dj bruxellois de 20 ans. Mais il est peut-être déjà trop tard pour changer. J’ai choisi ce nom au début, car c’est de l’ordre de l’affectif (son vrai nom est Peiffer NdlR) mais en même temps, quand je vois mon mentor Robin Schulz, il faut aussi savoir l’écrire correctement (sourires) !"

L’auteur des hits Tarida, Home et Until The End a même failli ressembler à un autre dj carolo bien connu, à savoir Kid Noize et son masque de singe. "C’était il y a 6 ans, je portais une casquette dubstep en forme de singe lorsque je mixais dans des soirées super-violentes et où je faisais des pogos avec les gens, sourit celui qui estime que le singe est autant un animal que l’on respecte qu’il fait peur. Il s’agissait d’un déguisement d’Halloween et son côté agressif me plaisait. Je pense que je l’ai peut-être inspiré (rires) !"

En route vers le disque d’or ?

"Je suis encore loin du disque d’or, raconte celui qui vient de signer chez Sony Music il y a quelques mois. Mais depuis la sortie du morceau Until the end, j e vois la différence. Ça professionnalise le fait d’avoir signé dans une grande maison de disques. Je passe de tout seul chez moi dans ma cave à une équipe qui m’entoure et où on enchaîne les interviews et surtout ma présence sur les réseaux sociaux. En fait, un musicien devient instagrammeur aujourd’hui." Et pour cause, c’est le passage obligé pour tout artiste. "C’est important pour mon public. On connaît mes morceaux mais rarement mon visage. Or, généralement, les gens sont curieux de voir qui a fait la musique, de mettre un visage sur le son."

Une notoriété qui se construit mais qui l’arrange bien. "C’est très bien pour ma vie privée qu’on ne me reconnaît pas encore trop, explique celui qui n’est plus célibataire et qui avoue qu’il n’est pas facile d’avoir une copine dans ce métier. Mais sur scène, quand on vient faire des photos avec moi, c’est aussi une forme de reconnaissance. Ça fait donc plaisir !" Proche de la jeune et prolifique génération de dj’s belges que sont Alex Germys (Sweet Afterglow) ou Lost Frequencies (Are You With Me), le petit prodige des platines évoque une belgian touch en devenir. "Le milieu musical est très petit, on se connaît tous, confirme Henri Pfr. On s’entraide aussi, il y a une jalousie entre nous mais positive car elle nous pousse à être meilleur. Cette nouvelle génération électro belge est venue grâce aux réseaux sociaux. Nous sommes de plus en plus de jeunes qui se font connaître à l’international. Toutes les portes s’ouvrent à nous, faut juste les ouvrir (sourire) !"

Avec son style pop électro saupoudré de deep house, Henri Pfr a le profil pour se diriger vers un album. "J’ai un titre puissant et qui sonne international qui va bientôt sortir mais un album serait encore un peu trop tôt je pense. Le danger quand on fait danser les gens est de se prendre pour Dieu. J’ai la chance d’avoir des parents qui gèrent mon argent et me remettent vite les pieds sur terre."


En savoir plus

Henri Pfr sera le 11 mars à l’Ancienne Belgique.

Tickets : 02 548 24 24 ou via abconcerts.be.