Charles Aznavour au Forum de Liège pour la première de la... dernière!

LIÈGE A 19 heures déjà, ce vendredi soir, c'est par dizaines que s'amassent, devant les portes du Forum de Liège, les futurs spectateurs de ce qui sera assurément LE concert de l'année: Charles Aznavourian, alias Aznavour, s'apprête à entamer sa der des der `un retrait, pas une tournée d'adieu´ qui, du 6 au 13 octobre, l'emmènera non pas au bout de la terre, mais aux quatre coins de notre plat pays.

Lorsque, trois minutes avant 21 heures, les lumières se font plus tamisées et que le flot des vingt-cinq à septante-cinq ans vient à peine de finir de remplir les baignoires, la salle de spectacle s'inonde des premières notes de musique de la formation symphonique et le petit homme apparaît, éclaboussé par la salve des applaudissements...

Pas une ride!

A soixante-seize ans, décidément, Aznavour n'a rien perdu de sa superbe, et sa voix n'a pas pris une ride! A peine remarque-t-on la présence des musiciens et des deux choristes à la voix cristalline, Claude Lombard, son inséparable complice, et Kathya... Aznavour, sa fille.

Arménien d'origine, l'artiste ne pouvait commencer son récital que par une chanson qui le raconte, Les émigrants ; mais le public n'écoute que d'une oreille distraite, et le grand petit n'est pas dupe: `La première chanson est faite pour briser la glace, je l'appelle la chanson sacrifiée ´, explique-t-il, non sans l'humour qui lui est coutumier. `C'est la chanson pendant laquelle vous vous murmurez les mots du genre: Il a quel âge encore? Ho! Tout ça?! Ouais, mais il a sûrement fait un lifting! Et son costume, t'as vu, c'est toujours le même... complet bleu!´ Eclat de rire dans l'assistance... confuse: il a raison, le bougre!

Car Aznavour n'est pas que chanteur, il est aussi excellent comédien, et ce ton juste se ressent dans le moindre des textes qu'il vit plus qu'il ne les chante. On jurerait la voir, la mégère dont il subit le sale caractère, et on est convaincu que l'acool lui est monté à la tête.

Mais pas le succès, celui de ses vieilles chansons qui resteront à la postérité, celles pour lesquelles se déplacent même ceux qui ne le peuvent pas, `celles d'hier, d'avant-hier, d'avant votre naissance...´

Aznavour sait qu'il ne peut y échapper, et il n'y échappera pas. Mais son nouvel album, Aznavour 2000, sort ce 10 octobre, et c'est l'occasion de le présenter en avant-première. Et, qui sait?, ce sont ces chansons-là qu'on réclamera à corps et à cris lors d'un gala dans... dix ans.

Avec lui, la nostalgie est toujours ce qu'elle est, `indispensable´, et il le prouve avec un de ses nouveaux titres dédié `à ces actrices et chanteuses qui n'ont pas supporté avoir des rides sur leur visage et ont quitté ce monde: Marylin, Romy ou, plus particulièrement... Dalida.´

Une heure quart déjà s'est écoulée et qui a semblé dix minutes, lorsque l'entracte permet aux commentaires de repartir d'un bon train. Et ils seront tout aussi enthousiastes au terme des trente titres interprétés avec le brio dont il ne se départira même pas après son dernier souffle...

`Merci d'avoir été présents, et que Dieu vous garde!´ Vous aussi, monsieur Aznavour, et pour longtemps.