Ils étaient déjà sur scène, à l'âge de 6 ans...

BRUXELLES Avec les Beatles, Elvis Presley et Michael Jackson et Paul McCartney, les Bee Gees font partie du club fermé des artistes qui ont vendu plus de cent millions d'albums. Tout le monde, ou à peu près, sait qu'ils ont grandi en Australie et qu'ils sont établis aux Etats-Unis. Si bien qu'on en oublie qu'ils étaient de loyaux sujets de sa Gracieuse Majesté. Des Anglais!

Maurice et Robin, qui sont jumeaux, sont nés le 22 décembre 1949 sur l'Ile de Man, trois ans après leur frère Barry. Ils ont grandi à Cholton-cum-Hardy, dans la banlieue de Manchester. Les Gibb ont de qui tenir! Le père est chef d'orchestre et la mère chanteuse de variétés. Papa et maman les encouragent très tôt à chanter ensemble. `J'avais 6 ans, comme Robin, et Barry avait 9 ans. C'était en 1955 à Manchester´, a raconté Maurice.

En 1958, la famille s'exile à Brisbane, en Australie. Les frères font leur rude apprentissage, principalement dans des clubs, attentifs à éviter les verres volant à travers la salle et devant un public souvent ivre et qui passe son temps à se bagarrer. Un cagibi, dans l'arrière-salle d'un boucherie, est leur premier studio. Mais au moins est-il laissé gratuitement à leur disposition par un copain qui croit en eux. Ils changent sans arrêt de nom: les Blue Cats, les Rattlesnakers, les Gibb Broo, les Two Mates... Ils deviennent Bee Gees en 1962: les initialies B.G., prononcées à l'anglaise. B comme Brothers (frères et G comme Gibb (leur nom de famille).

Un associé de Brian Epstein

En 1967, ils décident de revenir en Angleterre et c'est à ce moment qu'en Australie, le succès se produit, avec la Spicks and Specks. Qu'ils envoient à Londres, à Robert Stigwood, un des associés de Brian Epstein qui avait découvert les Beatles. Leur premier disque, après le retour, New York Mining disaster 1941 est d'emblée un tube. Mais ce sont les chansons suivantes qui vont leur donner une stature planétaire: Holiday, To love somebody, Massachusetts, World, Dont' forget to remember me et Words, qu'Elvis Presley mettra à son répertoire quelques années plus tard.

La musique dansante

Au début des années 70, le groupe se sépare et le public les oublie. Lorsque les Bee Gees se reforment, en 1975, ils se cherchent un nouveau style, explorent une musique plus dansante (c'est l'époque de Jive talking) et cela va les conduire, en 1977, à Saturday Night Fever, un double album vendu en quarante millions d'exemplaires. Le CD suivant, Spirits Having Flown, avec Tragedy, se vendra en vingt millions d'exemplaires.

Les Bee Gees ont aussi composé et écrit pour d'autres artistes et on sait peu que Barbra Streisand leur doit son plus grand succès: A woman in love. Ou plus exactement à Robin et Barry Gibb. Maurice, lui, n'a pas signé cette chanson énorme.

En 1977, ils ont chanté Immortality avec Céline Dion pour son album Let's Talk about Love. Le groupe a remporté sept Grammy Awards au cours de sa carrière et il a fait son entrée dans le Rock and Roll Hall of Fame, le panthéon de la gloire rock, en 1997.

© La Dernière Heure 2003