Le tube de l’été Don’t be so shy, de Imany, résonne étrangement comme le Envole-moi de Jean Jacques Goldman…

"La version originale de ma chanson (bande-son du film Sous les jupes des filles , réalisé en 2014 avec Vanessa Paradis, Isabelle Adjani et Laetitia Casta, NdlR) n’y ressemble pas du tout, déplore la chanteuse de 37 ans. Le remix de Filatov&Karas oui, par contre… Comme ils pitchent et accélèrent la chanson, elle change de tonalité. Et ce remix fait donc que plein de gens pensent que j’ai fait du plagiat de Jean-Jacques Goldman."

Imany, cette Française, ancien mannequin, née d’une famille comorienne, culmine en effet dans les charts avec ce fameux remix d’un de ses vieux morceaux intitulé Don’t be so shy. Nous avons rencontré la chanteuse star du moment, qui détestait sa voix rauque à la Tracy Chapman.

Selon vous, quel est le secret de ce hit ?

"Je ne le connais pas mais j’ai des pistes. La base de la chanson est une bonne mélodie, efficace et avec une voix atypique. Ajoutez à cela un beat fun, électro et dance, cela devient jouissif. Les trois ingrédients pour un tube restent toujours la mélodie, la voix et le texte. Même le dernier des nuls en anglais peut retenir les paroles. Ce sont des paroles faciles mais pas simplistes. Faut que ce soit fluide avec une mélodie familière."

Aimez-vous cette version de votre chanson ?

"J’ai fini par l’aimer. Je ne vais pas dire que je l’écoute tous les jours chez moi, ce n’est pas vrai, mais elle ne me dérange pas… Au début, j’ai beaucoup ri car la production fait que cela change quand même le sens de la chanson. J’ai appris que de toute façon, pour n’importe quelle chanson, une fois qu’elle est faite, elle ne t’appartient plus. Celui qui la reçoit et la garde, il en fait ce qu’il veut. Ne serait-ce que quand il la chante dans sa douche, déjà là, ce n’est plus la tienne."

Et vous voilà donc en train de sortir votre deuxième album, le folk/soul et très engagé The Wrong Kind of War…

"En 5 ans, les choses avancent, d’où ma colère contre ce que le monde est devenu. Tout part d’une observation et d’une interrogation sur ma responsabilité dans tout ça. Il y a aussi du dégoût et une once d’espoir. Le bon genre de guerre, celle qui mérite d’être menée, est celle avec soi-même et qu’on mène toute une vie. Et si on fait le chemin de se regarder en face pour aller mieux, on aura moins envie d’aller tirer sur le voisin !"

Cette façon de chanter le monde viendrait-il de votre maladie ?

"C’est évident qu’être atteint d’endométriose, cela change la manière de vivre. C’est une maladie invalidante et il y a des périodes difficiles. Depuis mon engagement dans cette cause, j’ai remarqué que beaucoup de femmes se sont construites sur la douleur, comme moi. Ce qui explique sans doute la mélancolie de mes textes, alors que je ne suis pas du tout une fille triste dans la vie. Je suis quelqu’un qui relativise assez vite, il paraît que cela vient aussi du grain de ma voix".

L’album The Wrong Kind of War (Universal) est disponible. Imany sera en concert en janvier en Belgique.