Deux ans d’attente, c’est long ! Une pandémie. Mais les six de L’Impératrice, groupe parisien, étaient au rendez-vous ce jeudi soir sur la scène de la Madeleine, à Bruxelles. Ils sont venus présenter leur excellent second album, Tako Tsubo paru en 2020.

Par honnêteté, il me faut confesser que j’étais passé complètement à côté du phénomène lors de la sortie de Matahari, leur premier album paru en 2018, et les quelques EP qui l’ont précédé. La honte. Oui mais voilà, il est toujours temps de prendre le train en marche. Et quel train ! En témoigne l’énorme concert qu’ils ont donné jeudi soir. C’est clair, c’est net, c’est juste, bourré d’énergie. Et en plus, Charles de Boisseguin (claviers), Hagni Gwon (claviers), David Gaugué (guitare, basse), Achille Trocellier (guitare), Tom Daveau (batterie) et la chanteuse Flore Benguigui s’amusent sur scène. Que cela fait un bien fou de voir une prestation (performance sera le terme le plus approprié) aussi précis joué par des musiciens qui manifestent leur plaisir de jouer. À l’heure où nombre de spectacles sont de plus en plus formatés, c’est même devenu précieux.

Il faut reconnaître que le public présent, en très grande majorité francophone, avec un bon contingent français, leur a bien rendu la sueur dépensée. C’est un triomphe qu’il a réservé à L’Impératrice avant même les tubes que sont “Erreur 404”, “Peur des filles”, etc.

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Basse groovy à souhait, guitares funky en diable que n’aurait pas renié Prince, rythme discos (mais pas que) et délires aux claviers ont fait mouche. Même les petites mélodies au synthé qui pourraient passer pour de la variétoche se fondent parfaitement dans un ensemble d’une efficacité diabolique. C’est simple, il est impossible de ne pas se laisser emporter lorsque déboulent des titres comme “Vacances”, “La piscine” “Vanille Fraise” ou “Agitations tropicales” qui par moments font même penser à du Daft Punk. Et pas seulement dans les sonorités, dans cette fameuse efficacité.

On ne s’étonne pas de l’accueil que lui a réservé la critique outre-Atlantique. Car oui, si nous avons parlé de Stromae qui était à Coachella, L’Impératrice y était aussi et les grands médias américains ont craqué. Alors qu’étaient présents les Billie Eilish, Harry Styles, Justin Bieber et autres Arcade Fire, les prestations de Flore et des siens se sont retrouvés citées parmi les meilleurs du plus grand festival du monde !

“Chaque Coachella connaît ce moment : un groupe moyennement connu commence son set sous la petite tente Gobi. À moitié pleine en milieu d’après-midi, la performance qu’elle accueille inspire une fête dansante qui déborde de fêtards à la fin. Cette année, c’est le groupe français L’Impératrice qui s’est distingué. L’Impératrice dont les influences 80’s et Eurodisco, ont mené énormément de personnes à essayer de danser tout en jetant un coup d’œil à leurs combinaisons rouges vif, avec un cœur qui bat, absolument mignonnes”, pouvait-on lire dans Variety. En 40 minutes, les Parisiens ont plié l’affaire et ils se sont offert la plus belle des cartes de visite pour les États-Unis Et ce n’est là qu’un exemple de ce qu’on a pu lire dans les grands titres de la presse US. Le magazine Rolling Stone a aussi été séduit.


Coachella, c’est assurément un tournant pour L’Impératrice. Quel bonheur dès lors d’avoir pu les voir dans une salle aux dimensions modestes comme la Madeleine. Si la plupart des dates encore programmées ne sont pas tout près de chez nous, il en reste deux très accessibles : le 28 mai au Château de Versailles pour Versailles Electro et surtout le 30 juin dans la belle salle de L’Aéronef à Lille. Cerise sur le gâteau, il reste des places. L'occasion ne se représentera probablement plus, le groupe étant selon voué à investir des espaces bien plus grands. Tout en conservant la décontraction qu'il affiche, on l'espère.