"Ce film, c’est du vrai." Après 30 ans de carrière, Indochine a laissé entrer les caméras dans leur intimité lors de la conception de leur douzième album. Une première ! Rencontre exclusive avec le groupe de rock français lors d’une séance de dédicaces privée, suivie d’une avant-première à l’UGC Toison d’or du documentaire Black City Parade. "Des débats sur les musiques, nos doutes, nos angoisses, nos accords et désaccords, nos choix et nos confiances, il n’y a aucun tabou dans ce film", affirme Nicola Sirkis. "Ce film est historique pour nous car cela restera toujours. Ce sont des chansons qui, en plus, sont déjà ancrées dans l’histoire d’Indochine. On voit le moment où on compose et ça, c’est du ‘mega rare".

Pourquoi aujourd’hui, après 30 ans de carrière ?  

"Car on a rarement vu cela dans le monde de la musique. Et au bout du 12 e album, il y avait peut-être la bonne personne qui pouvait le faire, qui était à nos côtés et avait travaillé sur le Stade de France [qu’ils retrouvent ce 27 juin, NdlR] et puis il y avait une certaine intimité avec lui. Il y a eu plein d’accidents et d’incidents autour de la réalisation de cet album et donc c’était intéressant de voir les débats en images. On a essayé d’aller à l’essentiel, ce qu’il y a de plus intéressant et de plus captable. Montrer que ce n’est pas si évident de composer un album de pop. Du travail sérieux. Je tenais aussi à ce que chaque membre du groupe ait sa place et que les gens le reconnaissent dans le film."  

Une expérience que vous retenterez ?  

"À partir du moment où on ne sait pas s’il y aura un nouvel album, on ne peut pas dire. Puis je pense que les gens en auront marre un jour (sourires). Ce n’est pas non plus La Nouvelle star ou La Star Academy à chaque album où on filme tout ce qui se passe ! Ici, cela se prêtait juste bien. On savait simplement que ce ne serait pas facile de se retrouver ensemble et composer de la musique après ce qu’on avait vécu."  

Le danger n’est-il pas de dévoiler vos secrets de fabrication ?  

"Le seul truc vraiment ennuyant est d’effleurer une certaine intimité. Pas nos secrets mais de casser un peu le mythe en nous suivant au quotidien. D’un autre côté, on n’a plus besoin de se cacher aujourd’hui. On est à la scène comme à la ville. La réalité d’Indochine est là. On n’a pas besoin de décor, justement."  

Ce documentaire pourrait-il aussi s’adresser aux non fans du groupe ?  

"On ne s’intéresse absolument pas aux gens qui nous écoutent ou qui ne veulent pas nous écouter. On ne s’adresse pas à un public précis et c’est sans doute notre force : c’est le public qui se colle à nous et pas l’inverse. Sinon, ce serait le discours des maisons de disques. Pour preuve, elles existent de moins en moins."