Il était 22 h 30 lorsque les derniers échos du concert d’Indochine sur la Grand-Place de Bruxelles se sont estompés. C’est à peine si les privilégiés, détenteurs d’un des 6 000 précieux tickets gratuits qui se sont arrachés en 20 minutes à peine, en croyaient leurs oreilles et surtout leurs yeux. Ils ont pu voir leurs idoles dans un cadre tout simplement exceptionnel. La plus belle scène du monde, soyons chauvins un instant. Cet endroit a quelque chose de magique. Encore plus quand il est le théâtre d’un concert comme celui proposé par Nicola Sirkis et les siens. L’utilisation des éclairages de la place pour soutenir le show était tout bonnement divine. De quoi donner mille regrets de plus à tous ceux, et ils sont nombreux, qui n’ont pas pu mettre la main sur des billets.

Pendant plus d’une heure et demie, Indochine a régalé son public. Avec un Nicola Sirkis des grands soirs, toujours aussi charismatique et showman comme on le connaît. Pas ou peu de blabla, juste ce qu’il faut pour remercier la Ville de Bruxelles qui a offert le spectacle et surtout les fans présents. Faut-il rappeler qu’entre Indochine et son public il y a plus que de la connivence ? Il est question de respect. Comme lorsque le chanteur s’offre un bain de foule en arpentant tout le front stage. Personne ne "l’agresse". Il y aura juste un téméraire qui réussira à se hisser sur la scène le temps d’une poignée de secondes avant d’être ramené à sa place, mais sans la moindre brutalité.

Indochine, c’est aussi un miracle dans le domaine musical. Le groupe, qui a eu 40 ans l’an dernier, fête cela cette année, Covid oblige. Généralement, après quatre décennies d’activité, le public veut surtout entendre les tubes qui ont bercé sa jeunesse. Bien sûr "3e Sexe", "Trois nuits par semaine" et "L’Aventurier" ont déchaîné la foule. Mais on peut en dire tout autant de "Nos célébrations", le dernier single paru l’an dernier. Efficace à souhait en concert, c’est déjà un classique du répertoire d’Indochine et des fans. Il aura même eu droit à deux versions samedi soir sur la Grande-Place. Il y a aussi eu ce moment de grâce à l’instant où ont résonné les premières notes de "J’ai demandé à la Lune".

Parmi les privilégiés, samedi soir, il y avait Jérôme de Warzée et Cyril Detaeye. Le premier est fan. Pas de la première heure confesse-t-il, mais depuis 15 ans. "J’adore l’électro-rock d’Indochine et l’histoire de ce groupe. Je suis fan d’Oli de Sat (dont c’était l’anniversaire samedi, NdlR.) qui a régénéré le groupe. Dans mes playlistes, Indochine est loin devant avec le plus grand nombre de chansons. On a vu ce soir qu’ils avaient envie de jouer. Ce sont des bêtes de scène, je crois qu’ils font 100 concerts par an. Ils n’ont pas pu se produire pendant un an et demi, ça a dû être affreux pour eux."

Cyril Detaeye avoue être moins connaisseur que son comparse. Cependant, il a doublement profité du concert : "J’avais d’un côté Indochine et de l’autre Jérôme qui chantait".