C'est frais et inspiré que Tim Burgess revient avec The Charlatans

HOLLYWOOD La mort de Rob Collins (claviers) dans un accident de voiture quelques mois après qu'il se fut fait serrer pour une attaque à main armée (1996), un détournement de fonds par leur comptable, un déménagement de Tim Burgess à Los Angeles (1998), la sortie d'un album solo de celui-ci (2003), la fin de la mode Madchester [?] et, surtout, la patine des ans (le premier single du groupe est sorti en 1990) n'ont pas eu raison de The Charlatans. Et tant mieux, même si on pouvait se montrer sceptique à l'annonce de la sortie de leur dixième album. You Cross My Path renoue avec tout ce que le groupe de Manchester a fait de bien, sans pour autant tomber dans les stéréotypes ou les pièges de la nostalgie.

Tim Burgess, le chanteur, chaleureux à l'autre bout du fil, a également traversé des moments troubles. Mais maintenant, il ne carbure plus qu'à l'eau claire. "Il y a deux ans, trois choses significatives me sont arrivées. Premièrement, j'ai demandé à mon ami Alan McGee de devenir notre manager. Je le connais depuis 1993 mais on n'avait jamais travaillé ensemble. Deuxièmement, j'ai arrêté de prendre des drogues et de boire de l'alcool. Troisièmement, Alan et moi avons fait, en octobre 2006, un DJ tour et, la plupart du temps, on le passait dans des trains à réfléchir à ce qu'on allait faire. Artistiquement, je pense que nous avons sorti un de nos albums les plus réussis depuis longtemps. Et j'ai trouvé que ce serait incroyablement punk de le sortir gratuitement."

Ce qui fut fait via le site Internet d'une radio en février dernier avec un score tout à fait honorable.

La sobriété de Tim Burgess a directement influencé sa musique.

"J'ai dû trouver d'autres idées pour m'amuser (rires). Non, quand j'ai rencontré Alan en 1993, il venait d'arrêter de boire et de se droguer. Je savais qu'en le prenant comme manager du groupe, ce serait une grande chance pour moi car il pouvait m'aider à affronter certaines choses. Et cela a marché, ce mois-ci cela fera deux ans que je suis sobre. C'est un changement vraiment significatif. Je me sens bien maintenant. Dans le passé, je laissais beaucoup plus faire les choses, je laissais la musique venir à moi. Beaucoup venait en jammant. Cette fois-ci, en ayant arrêté de boire, j'étais plus précis sur ce que je voulais, je pouvais me concentrer davantage. Je voulais que les émotions remontent à la surface."

Et Manchester a affleuré également. "J'ai déménagé en Californie, parce que j'avais envie d'une nouvelle expérience. À la base, il y a eu une résistance des autres membres. Cela peut tester l'amitié. Nous sommes devenus très créatifs en restant en contact d'une manière très moderne. Cela a changé la dynamique du groupe. La musique a changé dans certains domaines. Le nouvel album ressemble à un véritable album de Manchester, il sonne très mancunien. Pas parce que Manchester me manque tellement, mais j'ai tellement de bons souvenirs là-bas . Maintenant, ce qui est plus facile, c'est que je peux travailler à la maison, je peux l'envoyer aux autres membres des Charlatans, Tony (NdlR : Rogers) ou Mark (NdlR : Collins). Ils pouvaient travailler dessus. Et nous avons alors plus de temps à passer ensemble. Et nous en avons besoin. C'est incroyable. À l'époque, quand je vivais à Manchester, je vivais à quelques maisons de chez Mark, mais on ne se voyait jamais. Nous communiquons plus maintenant que nous ne l'avons jamais fait à l'époque alors que nous vivions dans la même rue."

En Angleterre, il a laissé pas mal de potes aussi puisque si ses idoles comme Peter Hook (New Order) lui ont demandé de s'impliquer dans Freebass, Tim Burgess pense écrire en été un deuxième album avec Carl Barat (Dirty Pretty Things)...

"Je suis assez inspiré pour le moment, je ne bois pas..."

The Charlatans, You Cross My Path (Cooking Vinyl).



© La Dernière Heure 2008