James Blunt: "Je n’ai jamais aimé le son de ma voix"

James Blunt: "Je n’ai jamais aimé le son de ma voix"
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Musique

Interview à Amsterdam > Pierre-Yves Paque

Publié le - Mis à jour le

"Ceci est sans doute mon album le plus personnel, confesse James Blunt. Et aussi un certain retour aux bases. Avec mon producteur Tom Rothrock (qui a travaillé avec Beck, Moby et Foo Figthers, NdlR), on voulait comprendre comment tout avait commencé et ainsi savoir où on en était aujourd’hui." Les mauvaises langues parlent de James Blunt comme d’un artiste has been. Et pourtant, le chanteur britannique revient en force pour son quatrième album. Avec Moon Landing et son single Bonfire Heart qui est déjà sur toutes les lèvres, l’homme aux 20 millions de singles vendus dans le monde (et 17 millions d’albums) n’a pas dit son dernier mot.

"Les rumeurs sur ma fin de carrière sont non fondées, insiste James Blunt. Après mon troisième album et ma tournée de deux ans, je suis enfin rentré chez moi. J’ai pu laver mes vêtements (sourires) et je me suis remis directement à écrire et enregistrer des morceaux. Ce qui m’a pris facilement un an." Habillé en jeune cool, sans barbe et d’une sympathie des plus accueillantes, le jeune homme de 39 ans nous avoue dans le titre Bones "ne jamais avoir aimé le son de sa voix". Ah bon ? "Beaucoup d’artistes pensent la même chose car on est des perfectionnistes. Entendre sa voix, ce n’est jamais ce à quoi on s’attend."

C’est pourquoi il se réinvente après chaque disque. "C’est à chaque fois quelque chose de différent car j’évolue. Chaque album est sorti dans une période précise de ma vie. J’essaye simplement d’être le plus innocent possible sans être naïf pour autant. Ce 4e album est à la fois une sorte d’avancement et un léger pas en arrière afin de comprendre qui je suis réellement."

Et justement, qui est vraiment James Blunt aujourd’hui ? "La chanson Miss America (qui fait une référence-hommage au tragique destin de Whitney Houston, NdlR) parle bien de ce que j’ai vécu entre mes quatre albums et mes trois tournées", explique-t-il. "Elle montre ce à quoi on est sans cesse exposé en tant qu’artiste. Comment le public suit attentivement toute votre vie et à quoi il s’attend." James Blunt, avec le succès retentissant de son single You’re beautiful qui l’a propulsé (à tort ou à raison) chanteur pour femmes, sait de quoi il parle. Le star-system, il faut vivre avec. "Heureusement pour moi, je ne pense pas être une pop star. Et ce ne sera jamais mon but car je suis un musicien avant tout. Le monde est simplement modelé de cette façon et nous devons faire avec. Évitons juste les confusions. Je suis un artiste qui chante comme les médecins sauvent des vies, les professeurs éduquent et les maçons construisent des villes. Et non pas une célébrité."

Ce n’est d’ailleurs pas anodin si le chanteur se verrait encore bien militaire. "J’ai passé six ans dans l’armée et c’était incroyable. Une équipe forte et proche. Pas d’égoïsme. On fait tout pour amener la paix dans chaque pays et j’adore ça ! J’y serais encore probablement si je n’avais pas chanté." Pour celui qui adore le contact humain, quoi de plus normal que d’avoir poursuivi à sa manière sa vocation d’antan. James Blunt travaille avec Médecins sans frontières depuis quelques années et comme il le dit lui-même : "C’est le plus beau métier du monde !"

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