Après des années de silence, Jay Kay et les siens sortent leur 8e album vendredi.

Après sept ans d’absence, Jamiroquai est de retour avec un nouvel album et une tournée mondiale qui passera par Anvers et le Sportpaleis le 11 novembre.

C’est à Paris, dans la somptueuse Salle Pleyel, temple de la musique classique qui après rénovation s’est récemment ouverte aux musiques amplifiées, que les pionniers de l’acid-jazz avaient décidé de dévoiler leur huitième album studio, Automaton. Les 2 500 places disponibles s’étant écoulées en trente secondes à peine, l’attente du public était énorme.

En un peu plus de deux heures, Jay Kay et sa bande ont prouvé qu’ils n’ont rien perdu de leur sens du groove même s’ils risquent de déstabiliser quelques-uns de leurs fans. Le son qui a fait leur gloire dans les années 90 et animé les dancefloors des clubs, a laissé place à une musique disco funk aux accents électro. Une tendance encore plus évidente à l’écoute du disque. C’est manifeste, la déferlante Daft Punk a laissé des traces !

Comme à son habitude , le chanteur porte toujours une coiffe originale. Il s’agissait ici d’une parure de chef indien luminescente et articulée, qui cache son visage… comme les casques des Daft Punk. L’engin tombera en panne avant la fin du concert. "C’est le robot le plus cher du monde et il ne fonctionne pas…", déplore Jay Kay. À raison d’une coiffe par concert, l’addition au terme de la tournée mondiale risque en effet d’être élevée.

Qu’à cela ne tienne, les tubes étaient de la partie : Space Cowboy, Cosmic Girl, Emergency on Planet Earth ou Supersonic qui a clôturé une soirée funky à souhait. Et Jay Kay a évidemment esquissé ses célèbres pas de danse.

Des regrets tout de même. Après un début en fanfare avec le nouveau titre Shake It Up suivi du tubesque Little L, il y aura quelques creux. Et sur la distance, la voix de Jay Kay a eu tendance à se perdre derrière celles de ses trois choristes. On espère qu’elle retrouvera toute sa force après ce tour de chauffe.Charles Van Dievort

En concert au Sportpaleis d’Anvers le 11 novembre. Tickets : www.teleticketservice.com


Automaton : un pari rétro-futuriste réussi

Avec Automaton, Jamiroquai entend démontrer qu’il a encore son mot à dire sur la planète musique 25 ans après y avoir débarqué avec succès. Les 12 titres que compte le 8e album des Londoniens sont taillés pour animer les pistes de danse comme au bon vieux temps. Jay Kay et sa bande la jouent désormais disco-funk. On replonge avec joie dans les années 70-80 mais sans les artifices has been que sont les pattes d’éléphant et autres boules à facettes. Sur ses rythmes old school, Jamiroquai a tapissé des sons électro résolument contemporains. C’est incontestable, le Get Lucky de Daft Punk (avec Pharrell Willias) a marqué les Britanniques.

Un pari risqué mais gagnant. On ne s’ennuie pas à l’écoute de ce disque. À côté d’Automaton, le titre le plus audacieux de l’album, à l’écoute de Shake It Up, Cloud 9, Hot Property et du très réussi We Can Do It, on n’a qu’une envie : se lever et danser.