Jean-Michel Jarre à Liège, c’est un événement en soi. Jean-Michel Jarre qui dévoile l’homme derrière l’artiste, c’en est un autre…

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BRUXELLES On dit souvent qu’il y a un peu de Jarre dans les chansons des Chemical Brothers, de Moby, des Daft Punk ou des Black Eyed Peas. Ce pionnier de la musique électronique, amoureux des concerts improbables, s’apprête, pour son Tour 2010 , à plonger le Country Hall de Liège dans une ambiance que lui seul peut amener dans ses valises (qu’il ne pose quasi jamais).

L’entertainer Jarre, l’homme aux plus de 80 millions d’albums écoulés, va donc sévir chez nous. Mais lui, au gré des Oxygene , Equinoxe , Chants Magnétiques , Zoolook &Co, on le connaît. Plutôt bien. L’homme derrière la coiffure impeccable et les traits de jeune premier, beaucoup moins. (Re)découverte.

L’an dernier, vous avez perdu votre père, Maurice Jarre. Comment avez-vous franchi ce deuil ?

“On ne revient jamais d’une perte comme celle-ci. Et c’est encore plus dur lorsque l’on dit adieu à un parent du même sexe que soi. Voir partir mon papa, ça a complètement bouleversé la vision que je posais sur le monde, et en particulier sur le temps. Avant, je voyais le temps qui passe. Aujourd’hui, je regarde le temps qui reste…”

On ne dirait pas – du tout ! –, mais vous allez fêter vos 62 ans. Comment faites-vous pour être un grand-père aussi branché ?

“Il n’y a pas de secret. Mais le mien, c’est la musique. Et l’envie de fuir la stabilité, de se laisser porter par le flot des brouillons, des idées, des envies. Le jour où la notion de désir disparaît, je poserai mes valises sans scrupule.”

En parlant de valises : vous avez déjà fait le calcul du nombre de kilomètres et de tours du monde parcourus ?

“Maintenant que j’ai la fonction GPS sur mon iPhone, je pourrais m’y mettre. Ce sera plus facile à comptabiliser. Pour l’instant, aucune idée… Quand on aime, on ne compte pas.”

Vous avez une histoire, avec la Belgique ?

“À plus d’un titre, ce pays m’a façonné. Déjà, sur le plan artistique, avec les Delvaux, Magritte, la BD,… Mais aussi et surtout sur le plan technique. On ne le sait pas souvent, mais, en matière de haute définition, votre pays compte parmi les précurseurs, et l’on y trouve les techniciens les plus compétents.”

Après La Défense, les pyramides de Gizeh, la place Tian An Men et on en passe, où rêvez-vous de jouer ?

“C’est mon plus vieux rêve, et j’y crois dur comme fer : sur la lune !”

La musique électronique s’empare de tous les genres. Vous en êtes le premier ravi ?

“Je me souviens, lorsque j’ai débuté il y a plus de trente ans, qu’on me traitait de fou. D’ovni. Aujourd’hui, je rigole doucement. Même s’il est important de rappeler que l’électro, ce n’est pas un genre en soi, mais une manière de composer, de faire de la musique. Beaucoup confondent…”



© La Dernière Heure 2010