Dani Klein revient avec un best-of de Vaya Con Dios. Avant peut-être un nouvel album


BRUXELLES Il y a 10 ans, Vaya Con Dios prenait un break. Dani Klein a pris l'air, en a profité pour faire un an de philo à l'unif mais s'est surtout éloignée du métier, qu'elle ne supportait alors plus, tout en continuant à faire de la musique. Elle signa son come-back en 2004 avec The promise et sort aujourd'hui une compilation des plus grands morceaux de Vaya Con Dios. Au programme : Just a friend of mine, Puerto Rico, What's a woman, en version originale et en duo avec Aaron Neville mais aussi deux nouveaux morceaux. Pauvre Diable, "un cover d'un morceau de Don Omar qui vient de République Dominicaine et qui est très connu aux Etats-Unis" et Some like it hot.

Un best-of, pour vous c'est aussi synonyme de bilan ?

"Sûrement, parce qu'on retient certaines choses de tout ce qui a été fait. Mais j'espère que c'est un bilan provisoire."

Vaya Con Dios a été créé il y a 20 ans, quel regard portez-vous sur ces années de succès ?

"Tellement de choses se sont passées que c'est difficile... Je n'ai en tout cas pas vraiment de regret parce que quand on prend une décision c'est parce qu'à ce moment-là, on ne pouvait pas en prendre une autre. Dans ma vie personnelle, il y a des choses que j'aurais préféré faire autrement. Mais pas au niveau professionnel."

Durant votre long break, vous avez chanté avec un autre groupe, Purple Rose...

"C'était des amis qui répétaient ensemble et qui avaient déjà fait des auditions pour trouver des chanteurs, chanteuses et qui ne trouvaient pas ce qu'il cherchait. À l'époque, je vivais avec le guitariste, il avait son studio à la maison. Ses musiciens venaient donc régulièrement chez nous. Un jour, je leur ai demandé s'ils voulaient que je fasse un essai. Mais j'étais dans une période particulière... J'ai toujours aimé chanter mais le monde du show-biz me dégoûtait, je n'avais plus envie de faire de la promo... Pour eux, ça a dû être difficile à gérer même si je l'avais annoncé dès le départ. Quand on nous offrait certaines choses et que moi, je déclinais, ils étaient déçus : ils auraient bien voulu avoir plus de médiatisation et un succès un peu plus important."

Vous saviez dès le départ que cette aventure allait être temporaire ?

"Oui."

Et vous saviez que vous alliez revenir avec Vara Con Diois ?

"Non. Je ne voulais plus entendre parler de cette vie-là. J'ai arrêté pendant plusieurs années, j'ai fait d'autres choses puis à un moment, la musique m'a manqué. J'y suis revenue mais autrement, en prenant les choses différemment."

C'est-à-dire ?

"Aujourd'hui, j'ai moins peur de déplaire : si quelque chose ne me convient pas, je ne le fais pas. Quand on est au début de sa carrière, on est très sollicité, beaucoup de gens veulent vous donner des conseils, veulent vous faire faire des choses que vous n'avez pas envie de faire et arrivent à vous persuader qu'il faut les faire quand même parce que c'est dans votre intérêt. Finalement, on s'engage dans des voies qui ne sont pas celles qu'on a choisies. Aujourd'hui, je dis non. Il faut arriver à être soi-même, à tous les niveaux, et ne pas faire des concessions tout le temps. Il faut d'abord écouter son désir à soi, au risque de déplaire."

Vous aviez dit aussi que vous ne supportiez plus la solitude qui accompagnait les tournées. Ça va mieux aujourd'hui ?

"C'est-à-dire qu'à l'époque, on était parti pratiquement tout le temps. Je me souviens d'un jour précis, où je suis rentrée chez moi, j'ai posé ma valise dans ma maison vide. Je ne repartais pas avant une semaine et je ne savais pas quoi faire : j'étais perdue. Ma vie sociale, familiale est très importante pour moi. J'ai peu de vrais amis mais j'ai besoin de les voir. Comme eux aussi, ont besoin que je sois là. Ma famille, c'est pareil : mes parents ne sont plus tout jeunes, mon père a 83 ans, je trouve que c'est bien de passer toutes les semaines leur dire bonjour. Et puis maintenant, je suis grand-mère et j'aime bien avoir ma petite fille un après-midi par semaine. J'ai besoin d'être entourée, même si je vis seule. Ça, ça ne me dérange pas : la solitude ne me gêne pas. Du coup, la dernière tournée, j'allais jouer quelque part puis je revenais une semaine chez moi. Ça fait beaucoup d'aller-retour mais au moins ça me permet de construire ma vie, d'une manière qui ne me déstabilise pas mentalement on va dire..."

Ce best-of appelle une suite, avec un nouvel album ?

"Je l'espère. En tout cas, j'ai envie de continuer à faire de la musique et tant qu'il y a des gens qui seront contents de m'écouter, j'aurai envie de continuer à en faire."


Vaya Con Dios, The ultimate collection (SONYBMG)



© La Dernière Heure 2006