''Je suis en paix avec moi-même''

Musique

Propos recueillis par Déborah Laurent

Publié le

''Je suis en paix avec moi-même''
© D.R.
Chimène Badi revient, plus en forme que jamais, avec un nouvel album


BRUXELLES Chimène Badi est loquace ce jour-là, tant elle est heureuse, après plusieurs mois de break, d'évoquer son nouvel album. Après une grosse fatigue, Chimène est plus en forme que jamais et s'enthousiasme bientôt de retrouver son public sur scène. Rencontre.

En janvier, vous aviez dit à la DH que vous comptiez écrire des textes pour cet album. Finalement...

"... je n'en ai écrit qu'un et il ne figure pas sur l'album. Il sera sur la face B du single Tellement beau. Il s'appelle Jalousie. J'en ai écrit un et c'était très difficile. On ne s'improvise pas auteur. C'est dur d'ouvrir comme ça son coeur aux gens qui nous entourent; pas à mon public parce que j'ai moins peur d'être jugée par mon public que par mes proches, les gens avec qui je travaille... J'ai écrit une chanson sur la jalousie parce que c'est un sentiment qui m'horripile, que je ne comprends pas."

La jalousie, vous en avez été victime. Aujourd'hui, ça va mieux ?

"Non. Mais ce n'est pas grave. Ça m'a fait du bien d'écrire ça. C'est une sorte d'exutoire. Je sais que chacun à son échelle, qu'on travaille dans une usine, qu'on soit secrétaire, infirmière ou à la SNCF, on est tous victimes de jalousie. C'est un sentiment qui existe. Moi, mon Dieu merci, je ne le connais pas. Je pense aussi que quand on est jaloux, c'est parce que, au fond de soi, on est malheureux. Je peux essayer de l'excuser, maintenant que j'ai écrit ce texte et que ça va mieux."

Cet album s'appelle Le miroir. Quand vous vous regardez dans le miroir, vous voyez quelqu'un que vous aimez ?

"Je suis en accord avec moi-même, oui. Quand je me regarde, je n'ai plus ce dégoût de moi-même que j'éprouvais quand j'ai commencé. Je n'ai pas trop envie de revenir là-dessus mais j'en ai bavé pour me faire accepter. Physiquement, je ne faisais pas forcément partie des critères du moment. Ça a été difficile pour moi de m'assumer, de dire : je suis comme ça et il va falloir faire avec. Mon public a été très intelligent, il est passé outre à ça, à toutes ces réflexions. Aujourd'hui je le vis bien, je suis en paix avec ce que je suis. C'est montrer aussi finalement à la mauvaise presse qu'elle ne m'a pas détruite et qu'elle ne m'a pas déstabilisée. Je suis là et j'entends bien rester là."

S'il reste de grandes ballades, cet album est globalement plus entraînant que les précédents. C'était voulu ?

"Oui. En prenant ces six mois de recul, je me suis dit qu'il y avait une facette de moi que mon public ne connaît pas : ce côté pêchu, très fougueux, ce côté soul qui est enfui en moi mais qui fait pourtant partie de ce que je suis puisque j'ai baigné dans deux univers musicaux complètement différents, ma mère étant très variété française et mon père, très rythm & soul. Je suis attirée par des mecs comme Stevie Wonder, des gens qui sans forcément pousser la note très haut arrivent à te faire dresser les poils. Ce n'est pas dans la performance vocale qu'on passe l'émotion. On la passe dans le côté épuré et doux de la voix, pas forcément dans les aigus qui sont là-haut et qui agressent. Je ne suis pas forcément pour la performance vocale, contrairement à ce qu'on pourrait croire."

Mais dans certains titres, la performance vocale est là. Comment entretenez-vous votre voix ?

"Comme ce n'est bon ni pour ma voix ni pour mon organisme, je vais arrêter de fumer. Pour le reste, j'évite la clim', je ne bois pas ce qui est glacé, je ne mange pas ce qui est épicé et il faudrait que je parle moins. Et là, je prends des cours de chant, ce que je ne faisais pas avant, pour apprendre à ne pas me faire mal sur scène même si je dois aller chercher des notes très hautes. Et je vais me faire coacher par un prof pour acquérir plus de souffle, pour être encore plus performante sur scène. Je me suis rendu compte qu'une tournée, ça ne se faisait pas comme ça. La première tournée, je l'ai finie à la cortisone, la voix cassée. C'était la catastrophe, je pesais 95 kilos parce que je n'arrêtais pas de me faire piquer... Je ne veux pas que ça devienne une souffrance, donc je me prends en main."


Chimène Badi, Le miroir (Universal).



© La Dernière Heure 2006

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