Quelque temps après Emmanuel Moire, Christophe Maé s'échappe du Roi Soleil le temps d'un album solo

BRUXELLES Si Emmanuel Moire tient toujours la vedette du Roi Soleil en interprétant le rôle principal, Christophe Maé est loin de passer inaperçu. L'original Monsieur, frère du Roi, a lui aussi une belle cour de jeunes filles à ses pieds et l'échappée solo de son interprète va continuer à les emmener au Paradis. Nous avons passé un coup de fil à Christophe, révélation de l'année aux derniers NRJ Music Awards, histoire de parler de ce nouvel album, qui vient de voir le jour et sur lequel il a collaboré notamment avec Lionel Florence et Pascal Obispo, mais qui était prêt depuis un moment. "J'ai travaillé pendant Le Roi Soleil mais la plupart des titres ont été faits avant. Mon père spirituel par exemple a une dizaine d'années. C'est le tout premier morceau que j'ai écrit, composé. Mon paradis, ça retrace dix ans de vie... Avec de bons et des moments moins faciles. Ma vie est une larme parle de mon arrivée à Paris, de l'incertitude de ce métier : savoir si j'aurais un jour la reconnaissance de ce métier, est-ce que je la mérite ou pas. J'ai connu de gros moments de doute, où je ne savais pas si j'allais faire de ma vie la musique. J'ai moins d'incertitudes qu'il y a quelques années."

Vous avez en fait pas mal galéré...

"Je pense avant tout être un privilégié de la vie. Je fais ce que je veux depuis mes 18 ans. Ça fait une dizaine d'années que je suis intermittent du spectacle. Alors, des galères j'en ai eu; de toute façon, ça reste de bonnes galères parce que je suis tellement passionné, parce que je n'ai pas l'impression d'avoir trop galéré. Des moments difficiles, il y en a eu. Il y a cinq ans, j'ai signé chez Warner, une des plus grandes majors de France, je pensais que ça allait démarrer et non, il ne s'est rien passé. Enfin, j'ai fait beaucoup de premières parties, ça m'a permis d'écrire des titres et d'avoir l'expérience de la scène. Ça m'a laissé le temps de mûrir et de savoir ce que je voulais exactement sur mon album."

La musique a toujours fait partie de votre vie ?

"En fait, à la base, je faisais beaucoup de sport, mais j'ai été coupé dans l'élan. À 14, 15 ans, j'ai dû arrêter le tennis... Je me suis retrouvé 6-8 mois allongé, à cause de problèmes osseux. C'est là que j'ai découvert Stevie Wonder, Bob Marley, ce fut une vraie révélation. J'ai alors vraiment trouvé ma voie... J'ai commencé à jouer de l'harmonica, je restais enfermé dans ma chambre pendant des heures pour jouer, à essayer de chanter comme Stevie Wonder."

Puis, il y a trois ans, l'aventure du Roi Soleil a démarré...

"Oui. Sincèrement, je n'ai pas accepté le rôle tout de suite. J'étais en fait en première partie de Jonatan Cerrada, tout seul, guitare-voix. Dove était dans la salle. Il m'a parlé du projet, je ne savais pas trop, je suis allé me présenter aux castings et j'ai été séduit par le rôle. Le frère du roi, l'excentrique, gay, je me suis dit que ça allait être délirant, que j'allais m'éclater. Je me suis fié à mon instinct et aujourd'hui, Dieu merci, heureusement que Le Roi Soleil a existé et existe toujours. Parce que je m'éclate. C'est une expérience unique..."

Aucune lassitude ?

"Non, je m'éclate toujours autant. On a la chance d'avoir 5.000 personnes par soir dans la salle. J'ai un rôle qui me laisse beaucoup de liberté... Et j'ai la chance d'avoir créé des liens super-forts avec deux, trois personnes du Roi Soleil."

Certains magazines people racontent qu'entre vous et Emmanuel Moire, c'est la guerre...

"Ce ne sont que des on-dit. On s'entend super-bien, avec Manu. Je ne dis pas ça pour être politiquement correct parce que si je ne m'entendais pas avec lui, je le dirais ouvertement. On pourrait ne pas s'entendre si on avait des problèmes d'ego. Mais ça ne se pose pas. On est tous les deux dans le même milieu mais on ne fait pas du tout la même musique."

Christophe Maé, Mon Paradis (Warner).



© La Dernière Heure 2007